terroristes – Révolte Numérique https://www.revoltenumerique.herbesfolles.org Pour l'autodéfense numérique Sat, 25 Jul 2015 12:41:36 +0000 fr-FR hourly 1 La censure d’Internet sans jugement, c’est maintenant https://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/2015/02/07/la-censure-dinternet-sans-jugement-cest-maintenant/ https://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/2015/02/07/la-censure-dinternet-sans-jugement-cest-maintenant/#comments Sat, 07 Feb 2015 14:21:59 +0000 http://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/?p=4735 L'article La censure d’Internet sans jugement, c’est maintenant a été publié sur Révolte Numérique

Aah ces fameux attentats de janvier! Tout le monde n’y aura pas perdu visiblement… Depuis ces événements, le gouvernement s’est refait un nom à coup d’unité nationale, de discours guerriers et de renforcement du contrôle de tous. Plan Vigipirate toujours à son niveau maximum, débats sur un Patriot Act à … Lire la suite

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L'article La censure d’Internet sans jugement, c’est maintenant a été publié sur Révolte Numérique

censure.fr

Aah ces fameux attentats de janvier! Tout le monde n’y aura pas perdu visiblement… Depuis ces événements, le gouvernement s’est refait un nom à coup d’unité nationale, de discours guerriers et de renforcement du contrôle de tous. Plan Vigipirate toujours à son niveau maximum, débats sur un Patriot Act à la française, contrôle des passagers aériens renforcé, débats sur la menace Internet, interpellations de mineurs supposés terroristes… Les idées fusent et les projets jugés anti-démocratiques il y a quelques mois sont aujourd’hui garants de notre salut. Tremblez jeunes gens! Nous sommes en guerre, et nous devons défendre nos libertés, quitte à se priver d’une partie d’entre elles.
Le 6 janvier 2015, la France faisait passer un décret autorisant la censure des sites présumés terroristes et pédophiles sans décision de justice. C’est le décret n° 2015-125 du 5 février 2015.

La censure administrative, un projet qui attendait depuis pas mal de temps

Pour celles et ceux qui suivent un peu l’actualité sur ces sujets, la censure sans consultation de la justice ressemble à un grand classique de la mesure inutile et pourtant dangereuse.

En 2011, la Loppsi 2 avait été votée par une droite particulièrement dure sur les questions du renforcement de la « sécurité » et de la restriction des libertés en ligne. C’est aussi l’année où l’on décida d’obliger les fournisseurs d’accès à Internet à conserver un bon paquet de traces relatives à notre navigation.

À l’époque, le parti socialiste semblait être très remonté face à cette politique. Au conseil constitutionnel, il estimait à propos du filtrage de la Loppsi 2:

« [que] ces dispositifs de filtrage de sites pédopornographiques sont absolument inefficaces, mais, qu’au contraire, ils contribuent à rendre encore plus difficile la répression de ce fléau, quand ils ne la découragent pas tout simplement »

 

Et pour montrer qu’ils avaient bien compris les dérives possibles du blocage par nom de domaine, les socialistes ajoutent:

« Or ce risque existe bien, […], puisque le blocage d’un contenu peut entraîner le blocage d’un site dans son ensemble »

 

En effet, cette technique qui ne retire pas les contenus mais en interdit seulement l’accès depuis une IP française, peut impacter tous les sites qui partagent le même nom de domaine.

À présent, le PS et François Hollande considèrent visiblement que leurs arguments contre la Loppsi 2 n’étaient que palabres gauchistes, et que c’est bien Nicolas Sarkozy qui adoptait la bonne stratégie concernant Internet. Intéressant…

Le plus « jouissif », c’est qu’à l’époque du blocage des sites pédopornographiques, l’UMP se défendait d’aller au-delà de ce type de contenus. Mais aujourd’hui, le PS ne semble pas s’encombrer de ces bonnes intentions, et envisage déjà de faire de même pour les « sites et messages de haine racistes ou antisémites » (discours de la ministre de la Justice Christiane Taubira à l’École Nationale de Magistrature).

Dans la circulaire du 12 janvier de Mme Taubira, une tentative de définition de l’apologie du terrorisme est proposée:

« [c’est un discours qui vise à] troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur »


NextImpact s’est amusé
à voir ce que cela pouvait englober, et ça risque d’être drôle!

« Cela concerne les atteintes volontaires à la vie, les atteintes volontaires à l’intégrité de la personne, l’enlèvement et la séquestration ainsi que le détournement d’avion, de navire ou de tout autre moyen de transport. S’y ajoutent les vols, les extorsions, les destructions, dégradations et détériorations, ainsi que le piratage informatique. On y range aussi les infractions en matière de groupes de combat et de mouvements dissous, les infractions en matière d’armes, de produits explosifs ou de matières nucléaires, le blanchiment ou certains délits d’initiés. »

 

Ce débat, loin d’être nouveau, avait pourtant déjà été entamé suite à la pénalisation de la consultation de sites terroristes par Nicolas Sarkozy après les assassinats de Toulouse et Montauban en 2012.

Des précédents et des conséquences peu engageants

Les dérives du filtrage ont déjà maintes fois été constatées, et pas uniquement par le blocage des DNS. En Angleterre, la volonté de censurer le porno avait réduit au silence un site d’aide aux femmes victimes de violences sexuelles. On pourrait encore se remémorer l’affaire Copwatch, ou observer le traitement ce mois-ci du site The Pirate Bay qui doit être lui aussi la cible d’un blocage, pour se faire une idée des adversaires couramment désignées par les pouvoirs publics.

Se rassurer en pensant que le procédé sera difficile à mettre en place sur des plateformes comme Facebook ou Twitter serait sans compter sur les volontés étatiques de substituer les lois nationales aux Conditions Générales d’Utilisation des entreprises. En effet, l’État envisage toutes les stratégies, notamment en les incitant à assurer ce rôle de censeur face aux « contenus incitant à la haine et à la terreur ».

À ceux qui considèrent que les luttes contre la pédopornographie et le terrorisme méritent bien quelques concessions, on ne pourra que rétorquer que la censure administrative ou privée ne s’est jamais cachée de viser bien plus loin que cela, et que c’est aussi contre le non respect du droit d’auteur que le filtrage d’Internet est bien souvent invoqué (voir notamment ACTA).

Quoi qu’il en soit, le contournement enfantin de ce type de blocage (avec un VPN, TOR, ou voir ici, ici, et là), ne pourra que complexifier les stratégies numériques des réels terroristes et renforcer leurs capacités à se développer discrètement.

Merci qui?

Édit du 15 mars: Le site islamic-news.info semble être le premier de la liste. Que la censure commence!

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Du pénal pour la consultation de sites « terroristes » https://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/2012/03/25/du-penal-pour-la-consultation-de-sites-terroristes/ https://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/2012/03/25/du-penal-pour-la-consultation-de-sites-terroristes/#comments Sun, 25 Mar 2012 19:59:02 +0000 http://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/?p=3281 L'article Du pénal pour la consultation de sites « terroristes » a été publié sur Révolte Numérique

Il fallait s’y attendre, les assassinats de Toulouse et Montauban servent déjà de prétexte pour renforcer une fois encore l’avancement de la société sécuritaire à laquelle pense Sarkozy quand il se rase le matin. Fidèle à sa technique habituelle: un fait isolé, une loi pour tous, il persiste et signe … Lire la suite

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L'article Du pénal pour la consultation de sites « terroristes » a été publié sur Révolte Numérique

Il fallait s’y attendre, les assassinats de Toulouse et Montauban servent déjà de prétexte pour renforcer une fois encore l’avancement de la société sécuritaire à laquelle pense Sarkozy quand il se rase le matin.

Fidèle à sa technique habituelle: un fait isolé, une loi pour tous, il persiste et signe malgré la quarantaine de lois sécuritaires déjà mises en place depuis 2002. Il s’agirait donc de punir de sanctions pénales les personnes ayant consulté des sites « terroristes ».

« Toute personne qui consultera de manière habituelle des sites Internet qui font l’apologie du terrorisme ou qui appellent à la haine sera punie pénalement. »

Soit. Comme avec la pédopornographie, le sujet risque peu de faire polémique au café du coin. Et pour cause, qui pourrait se sentir menacé par ce type de déclarations? (ben ouais, ça ne concerne que les terroristes! Parce quand on a rien à se reprocher…).

C’est kiki pose des bombes?

Mais pourtant, définir le terroriste ne me parait pas si aisé, surtout par les temps qui courent. Souvenez-vous l’affaire Tarnac! Les méchants terroristes éleveurs de chèvres, et tapis dans une ferme… Intervention du GIGN, perquisitions, arrestations, interrogatoires, détention provisoire, contrôle judiciaire: on a eu la totale! Et finalement? Rien. Mais aurait-il également fallu condamner toutes les personnes ayant lu L’insurrection qui vient? Ou peut-être celles qui auraient consulté leur blog?

Aux États-Unis, nous avons appris il y a peu que Bradley Manning, l’un des informateurs présumés de Wikileaks dans l’affaire des cables diplomatiques, est aujourd’hui accusé d’avoir aidé Al-Qaïda. Donc conclusion: Wikileaks = terroriste (ou tout au moins complice de terrorisme).
N’avez vous jamais fait un tour sur ce site de santé publique?

Une fois encore, l’expérience et la place laissée ici à l’arbitraire, nous permettent d’envisager toutes les dérives. Et nous n’abordons même pas la question des sites qui « appellent à la haine! »

Partie d’échecs

Des déclarations comme celle que vient de sortir notre bon président ne servent en réalité qu’à conforter la société sécuritaire, et à renforcer un peu plus le contrôle de l’État sur le réseau. Aujourd’hui, les cibles sont les pédophiles et les terroristes, mais demain? N’y a t-il pas qu’un petit pas pour intégrer aux blacklists des sites politiques un peu trop gênants (Copwatch?).

La menace qui plane réellement aujourd’hui est celle du DPI (Deep Packet Inspection), un système de surveillance généralisée très « populaire » en Iran, et au sujet duquel beaucoup se demandent encore s’il ne faudrait pas le considérer comme une arme. D’ailleurs, si la grossière manipulation consistant à imputer la responsabilité des meurtres de Toulouse à Internet peut paraître ubuesque, elle n’est pas si surprenante lorsque l’on connaît la dangerosité de notre président en matière de numérique.

Pour ne prendre que les dernières pierres apportées à l’édification d’un régime autoritaire, on pourra donc citer maintenant les tentatives désespérées d’imposer le fichage généralisé des « gens honnêtes », et la proposition aujourd’hui d’espionner la totalité des communications des internautes.

Pour rappel, le pays est déjà placé sous surveillance par Reporter Sans Frontières depuis deux années consécutives, précisément en raison de son traitement de la question numérique.

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Amesys: ne dites pas espionnage mais lutte contre la pédophilie! https://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/2011/12/10/amesys-ne-dites-pas-espionnage-mais-lutte-contre-la-pedophilie/ https://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/2011/12/10/amesys-ne-dites-pas-espionnage-mais-lutte-contre-la-pedophilie/#respond Fri, 09 Dec 2011 23:58:03 +0000 http://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/?p=2262 L'article Amesys: ne dites pas espionnage mais lutte contre la pédophilie! a été publié sur Révolte Numérique

En début de semaine, Bruno Samtmann, le directeur commercial de l’entreprise française Amesys, filiale de Bull, désormais célèbre pour avoir vendu à Kadhafi des systèmes de surveillance de la population, s’est enfin exprimé sur le sujet auprès de journalistes de France 2. On ne les avait pas encore entendus depuis … Lire la suite

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L'article Amesys: ne dites pas espionnage mais lutte contre la pédophilie! a été publié sur Révolte Numérique

En début de semaine, Bruno Samtmann, le directeur commercial de l’entreprise française Amesys, filiale de Bull, désormais célèbre pour avoir vendu à Kadhafi des systèmes de surveillance de la population, s’est enfin exprimé sur le sujet auprès de journalistes de France 2.

On ne les avait pas encore entendus depuis les premières fuites il y a 3 – 4 mois, mais il faut croire que les documents publiés par Wikileaks ont fait déborder le vase…

Nous apprenons donc enfin que Eagle, le système vendu à la dictature libyenne, était en fait destiné à la traque des pédophiles, des terroristes et des narco-trafiquants!

De plus, les listes d’opposants qui étaient à l’intérieur même des manuels d’utilisation ont été selon lui rajoutées par les libyens. Il ajoute que ce ne sont soi-disant pas des opposants qui ont été observés, mais des pédophiles… xD

Grosso modo, si on prend en compte qu’une bonne partie des personnes qui étaient exilées et sous surveillance, occupent aujourd’hui des fonctions officielles en Libye, on se dit que ça fait un beau gouvernement de pédophiles quand même! (et après ça y’en a qui critiquent encore l’église catholique!)

Leçon de mauvaise foi donc:

Cliquez pour visionner (lien Vimeo)

Pour celles et ceux qui apprécient particulièrement cet exercice de la langue, voir le collègue de chez Qosmo qui tient bien la route aussi!

 

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