privacy – Révolte Numérique https://www.revoltenumerique.herbesfolles.org Pour l'autodéfense numérique Sat, 25 Jul 2015 12:41:36 +0000 fr-FR hourly 1 Pourquoi vous ne devriez pas utiliser Google Chrome https://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/2014/04/23/pourquoi-vous-ne-devriez-pas-utiliser-google-chrome/ https://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/2014/04/23/pourquoi-vous-ne-devriez-pas-utiliser-google-chrome/#comments Wed, 23 Apr 2014 21:17:57 +0000 http://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/?p=4512 L'article Pourquoi vous ne devriez pas utiliser Google Chrome a été publié sur Révolte Numérique

Il en a été question à mainte et mainte reprises ici, le modèle de l’entreprise Google repose quasi exclusivement sur la récolte de données personnelles en vue de personnaliser davantage les publicités et résultats affichés par le moteur de recherche et les sites traitants avec des partenaires. En clair, Google … Lire la suite

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L'article Pourquoi vous ne devriez pas utiliser Google Chrome a été publié sur Révolte Numérique

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Il en a été question à mainte et mainte reprises ici, le modèle de l’entreprise Google repose quasi exclusivement sur la récolte de données personnelles en vue de personnaliser davantage les publicités et résultats affichés par le moteur de recherche et les sites traitants avec des partenaires. En clair, Google est une régie publicitaire proposant des services qui ont pour fonction d’augmenter ses bases de données sur les utilisateurs et leurs centres d’intérêts.

Hégémonie et coups fourrés

Ses services sont très nombreux, et bien souvent les plus populaires. Le moteur de recherche est de loin le plus utilisé en France et dans de nombreux pays, Android est premier sur le marché des OS mobiles, Youtube draine des flux monstrueux de données, Gmail, Google Maps ou encore Google Drive, sont des références dans leurs domaines. Inutile de parler également des Chrome Books, lesquels ne laissent absolument aucune porte de sortie pour échapper aux serveurs du géant de Moutain View.

Il y a peu, le logiciel libre Firefox tenait le haut du pavé dans le domaine des navigateurs web. Les possibilités en terme de personnalisation offertes par l’ouverture du code ont incontestablement participé à la popularisation d’un web plus ouvert, et adaptés à nos besoins. Mais aujourd’hui, Google Chrome est devenu le premier navigateur, et renforce la domination de Google dans les technologies web.

Supposé plus simple et plus rapide, il n’inquiète que peu de gens, et s’installe parfois sans même prévenir. C’est le cas en particulier avec le très célèbre antivirus gratuit Avast. Notons que cette méthode d’installation liée à un autre logiciel fait irrésistiblement penser aux vieux adwares (programmes publicitaires) et sypwares (programmes espions) qui s’installent sournoisement sur notre machine, ajoutant telle ou telle barre de recherche envahissant notre navigateur, ou ces programmes dont on ignore la présence et qui communiquent bien des informations vers des serveurs dont on ne soupçonne l’existence à priori.

Pourquoi Google Chrome est-il un spyware?

À peine sorti en 2008, le navigateur avait déclenché les foudres de certains internautes, et était accusé de cacher des fonctionnalités malveillantes. La polémique s’était notamment orientée vers un petit programme au fonctionnement louche et qui aurait permis à Google de continuer à tracker les utilisateurs même après avoir desinstallé le navigateur.

Et lorsque l’on jette un œil sur la définition de logiciel espion sur Wikipédia, on tombe là-dessus:

Un logiciel espion (aussi appelé mouchard ou espiogiciel ; en anglais spyware) est un logiciel malveillant qui s’installe dans un ordinateur dans le but de collecter et transférer des informations sur l’environnement dans lequel il s’est installé, très souvent sans que l’utilisateur en ait connaissance. L’essor de ce type de logiciel est associé à celui d’Internet qui lui sert de moyen de transmission de données.

Voyons donc comment se comporte le navigateur de Google, et constatons à quel point cette définition lui sied bien.

Dans l’avis de confidentialité de Google Chrome, on trouve ceci:

Sur les informations récoltées:

« Lorsque vous utilisez un navigateur, y compris Chrome, pour contacter les serveurs Google, Google reçoit par défaut des informations de connexion standards comprenant l’adresse IP de votre système, ainsi qu’un ou plusieurs cookies. »

Chaque copie du navigateur est identifiable également par un numéro unique, facilitant sans nul doute la reconnaissance des utilisateurs en ligne. Des statistiques peuvent également être envoyées à Google concernant l’usage fait du logiciel à l’installation.

Mais Google est aussi partageur:

« Pour accéder à certains contenus, il est possible que le navigateur Chrome pour Windows, Chrome OS ou le Chromecast doive transmettre à divers partenaires de contenu et sites Web un identifiant unique stocké sur votre système, à l’aide d’Adobe Flash Access. »

 

« Les tiers auxquels votre identifiant unique est transmis peuvent l’associer aux informations personnelles que vous leur communiquez. L’utilisation par Google d’un identifiant unique dans le but de fournir des contenus depuis les serveurs Google est soumise aux règles de confidentialité Google. »

Mais à quoi peuvent-elles bien servir?

« Les informations envoyées à Google lorsque vous utilisez Chrome sont traitées en vue de l’exécution et de l’amélioration du navigateur et d’autres services Google. Les informations envoyées à d’autres opérateurs de sites Web sont soumises aux règles de confidentialité de ces sites. Chrome stocke des informations sur votre système dans le but d’améliorer ses performances, et de vous fournir des fonctionnalités et des services utiles. » [???]

Sur les recherches effectuées:

« Lorsque vous saisissez des URL ou des requêtes dans la barre d’adresse de Chrome (l’omnibox), ou dans le champ de recherche du lanceur d’applications, les premières lettres peuvent être transmises à votre moteur de recherche par défaut afin que des prédictions de termes ou d’URL vous soient automatiquement proposées. »

 

« De plus, pour les utilisateurs connectés, le texte que vous saisissez dans le champ de recherche du lanceur d’applications peut être envoyé à Google afin que des recommandations vous soient proposées pour vos contacts et les applications que vous recherchez éventuellement. »

Marque pages, Historique de navigation, Téléchargements, et sites consultés sont eux-aussi enregistrés analysés, et bien sûrs mis en relation avec votre compte si vous en avez un:

« Si vous vous connectez au navigateur Chrome, à Chrome OS ou à un appareil Android sur lequel Chrome a été préinstallé avec votre compte Google, la fonctionnalité de synchronisation est alors activée. Nous stockons certaines informations associées à votre compte Google sur nos serveurs, telles que les favoris, l’historique et d’autres paramètres. »

Mais Chrome vous aide à parler toutes les langues…

« Lorsque vous utilisez la fonctionnalité de traduction de Chrome, le contenu que vous saisissez est envoyé au moteur de recherche Google afin d’être traduit. »

… Et aussi à mieux maîtriser la votre…

« Lorsque vous utilisez la fonctionnalité de vérification orthographique de Chrome, qui est basée sur la même technologie que celle de la recherche Google pour détecter les fautes d’orthographe, le texte saisi est envoyé à Google pour vous proposer des suggestions de corrections orthographiques et grammaticales. »

Si vous utilisez des outils de reconnaissance vocale et que vous avez accepté l’envoi de statistiques, « d’autres informations sont envoyées à Google, y compris l’URL du site Web sur lequel vous utilisez la saisie vocale, la version de votre système d’exploitation, ainsi que le fabricant et la marque de l’appareil et du matériel audio que vous utilisez. »

Vous utilisez la fonction de géolocalisation intégrée au navigateur? Google sera heureux d’envoyer vers ses serveurs « certaines informations concernant votre réseau local aux services de géolocalisation de Google afin de déterminer votre position approximative. »

Cela peut comprendre:

« [Des] caractéristiques des routeurs Wi-Fi et les identifiants des antennes-relais les plus proches de vous, la puissance du signal de votre connexion Wi-Fi ou de votre mobile, ainsi que l’adresse IP actuellement attribuée à votre appareil. Nous utilisons ces informations pour déterminer votre position, ainsi que pour améliorer le fonctionnement et la qualité de Chrome et des services de géolocalisation de Google. »

 

« Dans le but d’aider à améliorer la fonctionnalité de navigation sécurisée, vous pouvez envoyer des données supplémentaires lorsque vous consultez un site qui semble contenir des logiciels malveillants.« 

Et en navigation privée?

« Le navigateur communique de plus régulièrement avec les serveurs de Google afin d’estimer à quels moments les personnes se connectent, pendant combien de temps etc. »

 Sous Android

N’oublions pas les terminaux mobiles, qui représentent une part grandissante des moyens d’accès au web. Installé par défaut, Chrome se montre assez gourmand en permissions. Jugez par vous-même:

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Parmi les spécificités mobile: si vous avez autorisé l’accès à la géolocalisation par les applications Google, Chrome pourra par exemple s’en servir pour vous présenter des résultats personnalisés. L’un des marchés émergeant développe en effet des propositions de publicités ciblées lorsque l’on passe devant un magasin par exemple.

En bref

Enfin, et quelque soit le type de terminal, n’oublions pas qu’en tant que logiciel privateur (non libre), il n’est possible de connaître le fonctionnement de Chrome que par ce que ses concepteurs veulent bien nous en dire. Seul le logiciel libre nous permet de connaître exactement la manière dont les programmes se comportent.

Firefox sera donc préférable à Chrome, mais il sera tout de même nécessaire d’apporter quelques modifications, car là encore, l’hégémonie de Google en a fait un relais à sa récolte de données personnelles.

Il existe également Chromium, qui est le projet libre sur lequel est basé Chrome.

Droit de réponse…

En droit de réponse et en guise de loyauté, laissons la parole à Éric Schmidt, président du Conseil d’Administration de Google et ancien PDG, lequel défend fort bien la philosophie de ses produits:

« C’est un futur où vous n’oubliez rien. Dans ce futur nouveau, vous n’êtes jamais perdu. Nous connaîtrons votre position au mètre près et bientôt au centimètre près. Vous n’êtes jamais seul, vous ne vous ennuyez jamais, les idées ne viennent jamais à vous manquer. »

 

« Google a pour règle d’aller jusqu’au bord de ce qui pourrait vous donner la chair de poule et de ne pas aller plus loin. Je dirais qu’implanter des choses dans votre cerveau franchit cette ligne rouge. Du moins pour l’instant, jusqu’à ce que la technologie s’améliore. »

 

« Nous allons devenir de plus en plus forts au niveau de la personnalisation. L’objectif, c’est que les utilisateurs de Google puissent en venir à poser une question comme “ que dois-je faire à présent ?” ou encore “ quel job devrais-je prendre ?” « .

Le meilleur des monde…

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