Éric Filiol – Révolte Numérique https://www.revoltenumerique.herbesfolles.org Pour l'autodéfense numérique Sat, 25 Jul 2015 12:41:36 +0000 fr-FR hourly 1 Piratage du réseau Tor: à quel jeu joue Éric Filiol? https://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/2011/10/25/piratage-du-reseau-tor-a-quel-jeu-joue-eric-filiol/ https://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/2011/10/25/piratage-du-reseau-tor-a-quel-jeu-joue-eric-filiol/#comments Mon, 24 Oct 2011 23:28:31 +0000 http://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/?p=1689 L'article Piratage du réseau Tor: à quel jeu joue Éric Filiol? a été publié sur Révolte Numérique

Je m’en faisais l’écho la semaine dernière, une équipe de chercheurs menée par Éric Filiol prétendait avoir réussi à prendre le contrôle du réseau d’anonymisation Tor, cassant à la fois le chiffrage et l’anonymisation. Quelques jours plus tard, nous n’avons pas plus d’informations précises, mais pris un peu plus de … Lire la suite

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L'article Piratage du réseau Tor: à quel jeu joue Éric Filiol? a été publié sur Révolte Numérique

Je m’en faisais l’écho la semaine dernière, une équipe de chercheurs menée par Éric Filiol prétendait avoir réussi à prendre le contrôle du réseau d’anonymisation Tor, cassant à la fois le chiffrage et l’anonymisation.

Quelques jours plus tard, nous n’avons pas plus d’informations précises, mais pris un peu plus de recul sur la manière dont les choses ont été annoncées, et les motivations possibles des acteurs…

C’est par une conférence de presse que Éric Filiol a donné les résultats des expériences menées par son équipe et lui-même. Leur conclusion est sans appel: ils sont capables de casser la protection proposée par le célèbre réseau.

Rien ne filtre, une stratégie médiatique?

Le souci est que nous disposons d’assez peu d’informations précises.
Quelques unes ont été fournies, mais on reste dans l’ordre du possible, ce qui laisse un sentiment très désagréable pour les utilisateurs de Tor. Comment juger les annonces de Filiol autrement qu’en appliquant un principe de précaution, et donc en considérant que le réseau n’est pour le moment plus fiable?

Le gros problème dans cette affaire en dehors du fait que des failles aient potentiellement été découvertes – ainsi va le processus de sécurisation des systèmes – c’est le contraste entre la faiblesse des informations données sur les failles, et la grandiloquence des déclarations de Filiol et son équipe.

D’autant plus que les membres de la Fondation Tor sont totalement laissés dans le doute, et sont eux aussi réduit à l’émission d’hypothèses étant donné que le chercheur refuse de leur donner plus d’information avant la « tant attendue » conférence « Hackers to Hackers » des 29 et 30 octobre à São Paulo au Brésil.

Cette attitude un peu puérile pourrait passer si on parlait de la sécurisation de la dernière version du démineur de Windows 7. Mais ici, c’est tout de même potentiellement avec la vie de personnes qui s’appuient sur Tor pour communiquer dans des contextes répressifs que joue Filiol en refusant de communiquer les informations qui permettraient à la Fondation Tor de corriger le logiciel et ainsi, aux personnes qui l’utilisent de retrouver une certaine « sécurité ».
Dans ce contexte, l’annonce en grandes pompes de la conférence de la fin du mois laisse un arrière goût d’opération publicitaire morbide.

Par ailleurs, bien que compétent dans son domaine, le chercheur a déjà été surpris à s’emporter quelque peu dans ses annonces médiatiques pas toujours bien étayées, comme ce fut le cas en 2003 lorsqu’il avait prétendu casser le chiffrement AES. Le code qui accompagnait sa déclaration ne permettait en réalité rien de tel.

Autre information à prendre en compte, Filiol fait partie des personnes qui considèrent que la cryptographie est dans certains cas non souhaitable, car l’État peut selon lui avoir des raisons légitimes de prendre connaissance des informations. Ce qui revient à dire que l’État devrait toujours avoir la possibilité d’accéder aux données échangées sur son sol.
Ce raisonnement est bien connu et part d’un a priori pour le moins contestable : nous vivrions dans des pays où les États n’abusent pas de leur pouvoir et respectent la vie privée des personnes. Bienvenue chez les bisounours ! Pas sûr qu’il dorme avec un t-shirt de la Fondation Tor le soir.

Lâcher Tor?

Cette question est centrale et montre bien à quel point l’attitude de Filiol et son équipe est dommageable. Il n’y a pour l’instant rien d’autre qu’une annonce, un court résumé et des vidéos, pas même d’expérimentation de la méthode en dehors du laboratoire.
À chacun-e de voir si ça doit l’amener à prendre la décision de lâcher Tor maintenant. En cas de faille avérée (ce qui est envisageable pour le moment mais invérifiable), il parait évident – à moins de tomber dans la théorie du complot – que la Fondation Tor tentera de la résoudre.

Cette affaire a néanmoins le mérite de rappeler que la course à la sécurité sur le net n’est jamais une affaire gagnée. Le chiffrement est certes une réponse crédible aux systèmes de surveillance, mais cela implique d’une part que l’on fasse confiance à des équipes de développement que l’on ne connaît pas directement (et au fait que le code du logiciel soit libre), et d’autre part, que l’on se pose la question du devenir des algorithmes d’aujourd’hui: probablement déchiffrés en partie, ou en totalité pour certains !

Gardons cette idée en tête lorsque nous pensons naviguer en toute sécurité : aucun système n’est infaillible et encore moins éternel.

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Le réseau Tor hacké par des chercheurs français https://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/2011/10/16/le-reseau-tor-hacke-par-des-chercheurs-francais/ https://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/2011/10/16/le-reseau-tor-hacke-par-des-chercheurs-francais/#comments Sun, 16 Oct 2011 00:36:41 +0000 http://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/?p=1609 L'article Le réseau Tor hacké par des chercheurs français a été publié sur Révolte Numérique

Le réseau Tor (The Onion Router) est un dispositif proposant l’une des solutions les plus crédibles en ce qui concerne l’anonymisation de la navigation sur le web (voir article). Il est utilisé par des journalistes, militants et des dissidents du monde entier, notamment dans les pays où il est indispensable … Lire la suite

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L'article Le réseau Tor hacké par des chercheurs français a été publié sur Révolte Numérique


Le réseau Tor (The Onion Router) est un dispositif proposant l’une des solutions les plus crédibles en ce qui concerne l’anonymisation de la navigation sur le web (voir article). Il est utilisé par des journalistes, militants et des dissidents du monde entier, notamment dans les pays où il est indispensable de contourner les systèmes de censure étatiques pour communiquer.

Mais cette semaine, Éric Filiol (directeur du laboratoire de recherche en cryptologie et virologie de l’ESIEA) et son équipe, ont semble t-il réussi à prendre le contrôle du réseau.

La nouvelle est extrêmement grave. C’est lors d’une conférence tenue la semaine dernière que Éric Filiol a montré comment, lui et son équipe, ont mis le réseau à nu. Ils ont pour cela, développé une attaque qu’ils ont menée en plusieurs temps:

L’inventaire des nœuds du réseau

  • Ceux-ci sont publiques et présents dans le code source: il y a en tout 9 039 adresses IP soit 5 827 nœuds (car certains utilisent des adresses IP dynamiques (qui changent)).
  • Ils ont découvert des nœuds cachés qui permettent aux personnes vivant dans des dictatures de passer par ces relais non censurés par les autorités. Lorsqu’une personne souhaite utiliser ce service, une adresse de nœud secret lui est fournie.
  • En utilisant un algorithme de scripts, ils ont automatisé la demande de passer par un nœud secret et ont ainsi pu en dénombrer 181.



L’infection et la prise de contrôle du réseau

  • Après un audit de sécurité sur l’ensemble du réseau, il ressort que 41,4 % des machines tournent sous Windows, et qu’environ 30 % de la totalité des nœuds sont vulnérables
  • Cela permet de contrôler une partie des relais et d’en attaquer  le chiffrement des données (2 couches sur 3).
  • Avec des analyses statistiques, la dernière couche de chiffrement est cassée.
  • En saturant une partie du réseau, il est alors possible de réduire le nombre de nœuds disponibles pour favoriser un passage par ceux qui sont sous contrôle, et analyser les données transférées.



Conclusions

Grosso modo, il faut malheureusement considérer que Tor n’est actuellement plus fiable, et il faut espérer que les rectificatifs nécessaires seront rapidement effectués.
Autre fait inquiétant: les propos tenus par Éric Filiol sont extrêmement durs et semblent accuser la fondation Tor:

« La cryptographie implantée dans TOR est mauvaise…On a réduit considérablement le degré de deux des trois couches de chiffrement. »

« On ne peut pas imaginer que la fondation derrière TOR ne soit pas consciente de ses failles »



Reste à attendre patiemment les premières réactions de la fondation Tor, mais aussi la conférence « Hackers to Hackers » des 29 et 30 octobre à São Paulo au Brésil pour une présentation officielle de cette prouesse des chercheurs.

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