Chrome OS – Révolte Numérique https://www.revoltenumerique.herbesfolles.org Pour l'autodéfense numérique Sat, 25 Jul 2015 12:41:36 +0000 fr-FR hourly 1 Le modèle Google https://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/2011/07/01/le-modele-google/ https://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/2011/07/01/le-modele-google/#comments Fri, 01 Jul 2011 00:16:58 +0000 http://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/?p=112 L'article Le modèle Google a été publié sur Révolte Numérique

Fondé en 1998 par Larry Page et Sergey Brin, Google est aujourd’hui le premier moteur de recherche au monde. Plus de 90% des internautes français l’utilisent pour surfer sur le web. Simple, efficace, gratuit, il semble être le plus proche compagnon de nos virées numériques. Les plus de 150 services … Lire la suite

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L'article Le modèle Google a été publié sur Révolte Numérique

Fondé en 1998 par Larry Page et Sergey Brin, Google est aujourd’hui le premier moteur de recherche au monde. Plus de 90% des internautes français l’utilisent pour surfer sur le web. Simple, efficace, gratuit, il semble être le plus proche compagnon de nos virées numériques. Les plus de 150 services proposés par l’entreprise de Mountain View (Californie) lui ont assuré il y a peu, le milliard de visiteurs uniques. Environ une personne sur six dans le monde a donc eu des contacts avec un service Google.
Au premier trimestre 2011, l’entreprise a engrangé 6,54 milliards de dollars, soit une hausse de 29% par rapport à la même période une année auparavant. En ces temps de crise, Google fait office de modèle économique dans le monde entier, et le net n’est plus son unique domaine de compétences : chaque jours, un demi million de téléphone sous androïd sont activés !

La firme est également reconnue pour les conditions de travail qu’elle fournie à ses employés de Googleplex (le siège social) : repas gratuits, ambiance de détente, salles de sport, jeux… Les salariés disposent également 20%  de temps alloués au développement de leur projets personnels. L’innovation est au cœur de la politique de Google.

L’entreprise finance et promeut les logiciels libres. Par exemple, elle soutien financièrement le navigateur web Firefox à 80% et a elle même lancé son propre browser open source: Chrome (pour être plus précis, c’est Chromium qui lui sert de base qui est open source).
Récemment, l’un des projets développé par l’un de ses salariés pendant ces fameux 20% de temps libre a donné naissance à Swiffy, un service permettant de convertir les fichiers Flash en HTML 5 ce qui, sans rentrer dans le détail est également une avancée pour les utilisateurs de logiciels libres.

Google serait-il donc le bien incarné? Pas si sûr…

« Don’t be evil »

Le modèle mis en place est bien d’un nouvel âge, mais ses ambitions vieilles comme le monde. La vocation première de Google est de faire du profit. La gratuité ne nourrissant pas son homme, les deux créateurs de la firme ont dû trouver un autre moyen: la publicité. Ainsi, tous les services proposés ont cet unique objectif: donner du « temps de cerveau disponible » aux les annonceurs. La stratégie n’est ici pas comparable à celle des patrons de TF1 à l’origine de cette « philosophie ». On endors plus avec des programmes de seconde zone, on endors avec le meilleurs de la technologie!  Ainsi, les produits proposés sont bien souvent les plus performants, les plus accessibles, les plus simples, les plus chouettes… Comment pourrait-on critiquer cela?

La méthode principale utilisée par Google est le profilage. L’ensemble de ses services lui garantissent le développement d’une base de donnée gigantesque sur les habitudes, les envies, les préoccupations, les symptomes (voir Google Health) etc… des internautes. Tout est stocké, conservé, analysé, catégorisé pour créer les profils les plus proches des utilisateurs. Le mot d’ordre est personnalisation: personnalisation des applications, mais aussi des publicités.
Google Adsense et Google Analytics sont quelques uns des outils déployés pour sonder le web et répertorier les habitudes de chacun. Le premier sert à gérer cette masse d’informations pour la confronter directement avec les publicités en relation (cette dernière est faite par le service Adwords qui grosso modo consiste a vendre des mots clés publicitaires). Le second s’appuie sur des web bugs pour analyser le plus finement possible les comportements des internautes sur les différents site de la toile. Ces deux services sont des piliers du fonctionnement de Google.

La multitude d’autres applications assurera le développement des usages et donc de la récolte d’informations:

  • Moteur de recherche: toutes les requêtes sont enregistrées, des cookies dont la durée de vie va jusqu’en 2038 sont déposés sur les ordinateurs…
  • La recherche photo ouvre depuis depuis peu la porte à la reconnaissance faciale: glissez une photo dans la barre de recherche, vous verrez!
  • Gmail: permet d’analyser le contenu de vos échanges, conversations etc…
  • Google Street Views: prises de vue de la quasi totalité du globe. Où étiez-vous hier soir vers 22h?
  • Youtube: plateforme d’hébergement de vidéos.
  • Chrome: un navigateur web qui transmet tous vos faits et gestes d’internautes sur les serveurs de Google.
  • Chrome OS: système d’exploitation fonctionnant entièrement sur des services Google en ligne. Le lundi c’est Google, le mardi c’est Google…
  • Google Docs: Traitement de texte collaboratif en ligne.
  • Google Books: Numérisation de livre. Ce que vous lisez nous intéresse aussi!
  • Google +: Nouveau réseau social. Pour l’instant, Facebook détient le marché de la récolte de données privées dans ce domaine. Jusqu’à quand?
  • Une voiture pilote automatique est en cours de commercialisation (nan nan c’est pas une connerie!)
  • etc…

De plus en plus de services voient le jour et étendent les possibilités de ficher les internautes, nous aurons le temps de nous y pencher. Les prétentions à posséder l’ensemble des savoirs de la planète, à proposer toujours le produit le plus performant, le plus attrayant, ne doivent pas nous aveugler sur les réelles visées de l’entreprise. Des outils alternatifs sont heureusement à notre disposition pour entamer une nécessaire cure de désintoxication des produits Google, car l’overdose ne criera pas gare…

Et je laisse le mot de la fin à Éric Schmidt, haut responsable et ancien PDG de 2001 à 2011:

« La plus en plus « interconnectivité » des technologies de l’information signifie que de plus en plus de données vont être enregistrées. Sur ce point, il n’y a pas de réponse philosophique parfaite, il n’y a que des compromis pragmatiques  » (2011 dans le London Evening Standard).

« Si je connais suffisamment de vos messages et des endroits où vous vous trouvez, je peux en utilisant une intelligence artificielle prédire où vous allez aller. Montrez nous 14 photos de vous et nous pouvons vous identifier. Vous pensez qu’il n’y a pas 14 images de vous sur l’Internet ? » (2009 lors de la conférence Technonomy).

« Nous savons en gros qui vous êtes, ce qui a de l’importance pour vous et qui sont vos amis. » (2010)

« Seuls ceux qui ont des choses à cacher posent la question de la confidentialité des services Google » (2011, lors d’une émission de télé).

 

Alors? Vous n’avez vraiment rien à cacher?

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