La surveillance dans tous ses États – Révolte Numérique https://www.revoltenumerique.herbesfolles.org Pour l'autodéfense numérique Sat, 25 Jul 2015 12:41:36 +0000 fr-FR hourly 1 La Loi sur le Renseignement validée par le Conseil Constitutionnel. Et maintenant? https://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/2015/07/25/la-loi-sur-le-renseignement-validee-par-le-conseil-constitutionnel-et-maintenant/ https://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/2015/07/25/la-loi-sur-le-renseignement-validee-par-le-conseil-constitutionnel-et-maintenant/#comments Sat, 25 Jul 2015 01:32:49 +0000 http://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/?p=4989 L'article La Loi sur le Renseignement validée par le Conseil Constitutionnel. Et maintenant? a été publié sur Révolte Numérique

« La loi sur le renseignement adoptée le 24 juin 2015 octroie des pouvoirs excessivement larges de surveillance très intrusive aux services de renseignement sur la base d’objectifs vastes et peu définis, sans autorisation préalable d’un juge et sans mécanisme de contrôle adéquat et indépendant ». Cette critique sans équivoque ne vient … Lire la suite

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L'article La Loi sur le Renseignement validée par le Conseil Constitutionnel. Et maintenant? a été publié sur Révolte Numérique

conseil_constitutionnel

« La loi sur le renseignement adoptée le 24 juin 2015 octroie des pouvoirs excessivement larges de surveillance très intrusive aux services de renseignement sur la base d’objectifs vastes et peu définis, sans autorisation préalable d’un juge et sans mécanisme de contrôle adéquat et indépendant ». Cette critique sans équivoque ne vient pas d’un groupe militant ou d’un parti de l’opposition mais du comité consultatif des Droits de l’Homme de l’ONU. Les dizaines d’opposants au texte issus des secteurs les plus concernés n’auront finalement rien changé à la détermination du pouvoir politique: la Loi sur le renseignement est désormais jugée constitutionnelle.

Presque pour la forme

Pourtant, on aurait pu y croire 5 min. Et pour cause, la saisine du Conseil avait elle aussi été l’objet d’une difficile bataille de la part de certains sénateurs et acteurs associatifs. Finalement, ça aura été beaucoup d’efforts pour un résultat qui ne peut laisser cours qu’au cynisme tant la décision annoncée jeudi 23 juillet au soir paraît ridicule et peu justifiée. Les arguments logiques et documentés démontrant la mise en place d’un système de surveillance de masse ont été si nombreux, qu’on ne peut plus accepter un tel niveau d’indifférence aux risques de dérives.

Parler d’indifférence relève d’ailleurs de l’euphémisme. À ce niveau on se situe soit dans l’incompétence volontaire, soit dans la complicité. burns_tiredVoyez par exemple ce qu’écrit le Conseil Constitutionnel pour justifier sa validation du système des boîtes noires:

« Ces dispositions ne portent pas une atteinte manifestement disproportionnée au droit au respect de la vie privée.« 

Traduction: circulez il n’y a rien à voir.

Sur la totalité du texte, seul deux points fondamentaux ont été censurés:

  • La procédure d’urgence opérationnelle qui consistait tout bonnement à se passer de l’avis de quiconque afin de mettre en place des mesures de surveillance ciblée. Notons que l’urgence « absolue » permettant de ne consulter que le Premier Ministre et donc de se passer de l’avis consultatif de la commission de contrôle (CNCTR) est elle jugée constitutionnelle.
  • Les mesures relatives à la surveillance internationale. C’était le véritable bijou de la loi et pourtant peu mis en avant dans les critiques. Certains points permettaient de laisser les mains libres aux renseignements pour tout ce qui transitait par l’étranger. Grosso modo, l’immense majorité du trafic des français quoi. Heureusement, le Conseil Constitutionnel était là, et la DGSE va pouvoir continuer à le faire quand même mais dans l’alégalité comme on dit.

Parmi les nombreux a avoir déjà réagi, le Syndicat de la Magistrature résume bien la situation:

« La démocratie devrait pourtant être en berne : la France vient de faire le choix de la raison d’État contre les libertés.« 

 

Nan, c’est pas glorieux en effet…

This is the end?

palissadeÀ priori, plus rien ne pourra maintenant s’opposer à la mise en place de cette loi. S’il reste à définir les stratégies de demain afin de reconquérir nos droits après cet attentat d’État, les outils nous permettant de lutter un peu sont en partie déjà disponibles.

J’essaie d’en présenter régulièrement sur ce site, certains sont déjà bien connus. Évidemment, on pense à Tor ou Tails pour les communications les plus délicates. Pour rappel avant de perdre tous ceux qui n’ont #RienÀCacher©, « délicat » concerne dorénavant tout ce qui peut porter atteinte à l’un des intérêts suivants (cf: texte de loi):

  1. L’indépendance nationale, l’intégrité du territoire et la défense nationale ;
  2. Les intérêts majeurs de la politique étrangère, l’exécution des engagements européens et internationaux de la France et la prévention de toute forme d’ingérence étrangère ;
  3. Les intérêts économiques, industriels et scientifiques majeurs de la France ;
  4. La prévention du terrorisme ;
  5. La prévention :
    1. Des atteintes à la forme républicaine des institutions ;
    2. Des actions tendant au maintien ou à la reconstitution de groupements dissous en application de l’article L. 212-1 ;
    3. Des violences collectives de nature à porter gravement atteinte à la paix publique ;
    4. La prévention de la criminalité et de la délinquance organisées ;
  6. La prévention de la prolifération des armes de destruction massive.

Donc démerdez-vous avec ça, personne ne comprend de toute façon s’il s’agit-là de limites ou d’une liste tentant d’inclure un maximum de comportements.

Si vous lisez toujours et que vous êtes donc un dangereux-terroriste-qu’à-des-choses-à-cacher, je ne saurais que trop vous conseiller de vous tourner vers le chiffrement en général (bien que ce soit louche). Si les solutions ci-dessus vous paraissent trop lourdes, le VPN peut être une alternative sur PC ou smartphone. En chiffrant votre trafic et masquant votre IP, il permettra de contourner la vilaine habitude de censure qui se développe ici et surtout d’empêcher (si tout va bien), les boîtes noires de faire leur boulot au niveau des fournisseurs d’accès.

Chiffrer, ça peut également se faire au niveau du disque dur. Si vous en êtes là pour vous protéger de l’État c’est que vous avez vraiment un truc à vous reprocher (ça va vite 😉 ). Mais quoi qu’il en soit, c’est une sécurité de base pour vos données et qui peut servir à tout le monde, ne serait-ce qu’en cas de vol.

Enfin, pour les manifestations (ça aussi c’est suspect), des applications pour Android sont en cours de développement:

Renseignez-vous correctement avant d’utiliser ces applis car elles ne fonctionnent pas forcément avec tous les appareils et peuvent donner de faux positifs si on ne les utilise pas avec précaution.

Bien d’autres outils pourraient être présentés mais ça, c’est l’objet du site et non celui de ce seul article. Je vous invite donc à parcourir le menu « outils » et à visiter les excellents sites prism-breack et degooglisons internet afin de vous familiariser davantage avec les programmes qui vous permettront de reprendre un peu la main sur la gestion de votre vie privée.

Gardez l’œil ouvert, et le bon!

stressBon ok mais mais restez zen quand même hein…

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#PJLRenseignement: Mais qui sont les députés qui ont voté la surveillance de masse? https://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/2015/05/05/pjlrenseignement-mais-qui-sont-les-deputes-qui-ont-vote-la-surveillance-de-masse/ https://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/2015/05/05/pjlrenseignement-mais-qui-sont-les-deputes-qui-ont-vote-la-surveillance-de-masse/#comments Tue, 05 May 2015 17:51:17 +0000 http://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/?p=4950 L'article #PJLRenseignement: Mais qui sont les députés qui ont voté la surveillance de masse? a été publié sur Révolte Numérique

Mardi 5 mai 2015, le projet de Loi sur le Renseignement a été voté massivement par l’Assemblée Nationale: (438 Pour, 86 Contre et 42 abstentions). Sans grande surprise, le matraquage permanent du gouvernement visant à instiller la peur du terrorisme aura été efficace. Relayé abondamment par bon nombre de médias, … Lire la suite

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L'article #PJLRenseignement: Mais qui sont les députés qui ont voté la surveillance de masse? a été publié sur Révolte Numérique

surveillance_AN

Mardi 5 mai 2015, le projet de Loi sur le Renseignement a été voté massivement par l’Assemblée Nationale: (438 Pour, 86 Contre et 42 abstentions). Sans grande surprise, le matraquage permanent du gouvernement visant à instiller la peur du terrorisme aura été efficace. Relayé abondamment par bon nombre de médias, on ne pouvait craindre autre chose de cette psychose entretenue depuis des mois, et surtout après les attentats de Paris.

Cependant, on était en droit d’attendre des députés qu’ils soient un peu moins impressionnables lorsque vint le moment d’examiner la Loi sur le Renseignement. Mais la fainéantise et le carriérisme semblent l’avoir emporté face à la prise de hauteur requise pour de tels moments historiques. N’ayons pas peur des grands mots. Car la porte qui est en train d’être ouverte permettra demain d’augmenter sans cesse le pouvoir des Renseignements.

Et puisque le Renseignement politique semble être la nouvelle mode, on va essayer de s’y mettre doucement en fournissant la liste (publique) des députés qui ont refusé en notre nom de s’opposer à cette loi scélérate. (Pour chercher votre député-e, tapez Ctrl + F).

Analyse du scrutin n° 1109 Deuxième séance du 05/05/2015

Groupe socialiste, républicain et citoyen (288 membres)

Pour: 252

  • Ibrahim Aboubacar
  • Patricia Adam
  • Sylviane Alaux
  • Jean-Pierre Allossery
  • François André
  • Nathalie Appéré
  • Kader Arif
  • Christian Assaf
  • Joël Aviragnet
  • Pierre Aylagas
  • Jean-Marc Ayrault
  • Alexis Bachelay
  • Guillaume Bachelay
  • Jean-Paul Bacquet
  • Dominique Baert
  • Gérard Bapt
  • Frédéric Barbier
  • Serge Bardy
  • Ericka Bareigts
  • Christian Bataille
  • Delphine Batho
  • Marie-Noëlle Battistel
  • Philippe Baumel
  • Catherine Beaubatie
  • Marie-Françoise Bechtel
  • Jean-Marie Beffara
  • Luc Belot
  • Karine Berger
  • Chantal Berthelot
  • Gisèle Biémouret
  • Philippe Bies
  • Erwann Binet
  • Yves Blein
  • Daniel Boisserie
  • Christophe Borgel
  • Florent Boudié
  • Marie-Odile Bouillé
  • Christophe Bouillon
  • Brigitte Bourguignon
  • Malek Boutih
  • Émeric Bréhier
  • Jean-Louis Bricout
  • Jean-Jacques Bridey
  • François Brottes
  • Isabelle Bruneau
  • Gwenegan Bui
  • Sabine Buis
  • Jean-Claude Buisine
  • Sylviane Bulteau
  • Vincent Burroni
  • Alain Calmette
  • Jean-Christophe Cambadélis
  • Colette Capdevielle
  • Yann Capet
  • Christophe Caresche
  • Marie-Arlette Carlotti
  • Martine Carrillon-Couvreur
  • Christophe Castaner
  • Laurent Cathala
  • Jean-Yves Caullet
  • Guy Chambefort
  • Jean-Paul Chanteguet
  • Marie-Anne Chapdelaine
  • Guy-Michel Chauveau
  • Jean-David Ciot
  • Alain Claeys
  • Jean-Michel Clément
  • Marie-Françoise Clergeau
  • Romain Colas
  • Philip Cordery
  • Valérie Corre
  • Jean-Jacques Cottel
  • Catherine Coutelle
  • Jacques Cresta
  • Pascale Crozon
  • Frédéric Cuvillier
  • Seybah Dagoma
  • Yves Daniel
  • Carlos Da Silva
  • Pascal Deguilhem
  • Florence Delaunay
  • Michèle Delaunay
  • Guy Delcourt
  • Pascal Demarthe
  • Sébastien Denaja
  • Françoise Descamps-Crosnier
  • Sophie Dessus
  • Jean-Louis Destans
  • Michel Destot
  • Fanny Dombre-Coste
  • René Dosière
  • Sandrine Doucet
  • Philippe Doucet
  • Françoise Dubois
  • Jean-Pierre Dufau
  • Anne-Lise Dufour-Tonini
  • Françoise Dumas
  • William Dumas
  • Jean-Louis Dumont
  • Jean-Paul Dupré
  • Yves Durand
  • Philippe Duron
  • Olivier Dussopt
  • Henri Emmanuelli
  • Corinne Erhel
  • Sophie Errante
  • Marie-Hélène Fabre
  • Olivier Faure
  • Alain Fauré
  • Hervé Féron
  • Richard Ferrand
  • Geneviève Fioraso
  • Hugues Fourage
  • Jean-Marc Fournel
  • Valérie Fourneyron
  • Michèle Fournier-Armand
  • Michel Françaix
  • Christian Franqueville
  • Jean-Claude Fruteau
  • Jean-Louis Gagnaire
  • Yann Galut
  • Guillaume Garot
  • Hélène Geoffroy
  • Jean-Marc Germain
  • Jean Glavany
  • Yves Goasdoué
  • Geneviève Gosselin-Fleury
  • Pascale Got
  • Marc Goua
  • Estelle Grelier
  • Jean Grellier
  • Edith Gueugneau
  • Élisabeth Guigou
  • Chantal Guittet
  • David Habib
  • Razzy Hammadi
  • Benoît Hamon
  • Joëlle Huillier
  • Sandrine Hurel
  • Christian Hutin
  • Monique Iborra
  • Françoise Imbert
  • Michel Issindou
  • Éric Jalton
  • Serge Janquin
  • Henri Jibrayel
  • Régis Juanico
  • Armand Jung
  • Laurent Kalinowski
  • Marietta Karamanli
  • Philippe Kemel
  • Chaynesse Khirouni
  • Bernadette Laclais
  • Conchita Lacuey
  • François Lamy
  • Anne-Christine Lang
  • Colette Langlade
  • Jean Launay
  • Jean-Luc Laurent
  • Jean-Yves Le Bouillonnec
  • Gilbert Le Bris
  • Anne-Yvonne Le Dain
  • Jean-Yves Le Déaut
  • Viviane Le Dissez
  • Michel Lefait
  • Dominique Lefebvre
  • Annie Le Houerou
  • Annick Le Loch
  • Patrick Lemasle
  • Catherine Lemorton
  • Christophe Léonard
  • Annick Lepetit
  • Jean-Pierre Le Roch
  • Bruno Le Roux
  • Arnaud Leroy
  • Michel Lesage
  • Bernard Lesterlin
  • Serge Letchimy
  • Michel Liebgott
  • Martine Lignières-Cassou
  • Audrey Linkenheld
  • François Loncle
  • Gabrielle Louis-Carabin
  • Lucette Lousteau
  • Victorin Lurel
  • Jacqueline Maquet
  • Marie-Lou Marcel
  • Jean-René Marsac
  • Philippe Martin
  • Frédérique Massat
  • Sandrine Mazetier
  • Michel Ménard
  • Patrick Mennucci
  • Kléber Mesquida
  • Philippe Nauche
  • Nathalie Nieson
  • Robert Olive
  • Maud Olivier
  • Monique Orphé
  • Michel Pajon
  • Luce Pane
  • Rémi Pauvros
  • Germinal Peiro
  • Hervé Pellois
  • Jean-Claude Perez
  • Sébastien Pietrasanta
  • Martine Pinville
  • Christine Pires Beaune
  • Philippe Plisson
  • Élisabeth Pochon
  • Napole Polutélé
  • Pascal Popelin
  • Dominique Potier
  • Régine Povéda
  • Christophe Premat
  • Joaquim Pueyo
  • François Pupponi
  • Catherine Quéré
  • Valérie Rabault
  • Monique Rabin
  • Dominique Raimbourg
  • Marie Récalde
  • Eduardo Rihan Cypel
  • Alain Rodet
  • Frédéric Roig
  • Bernard Roman
  • Gwendal Rouillard
  • René Rouquet
  • Alain Rousset
  • Boinali Said
  • Béatrice Santais
  • Odile Saugues
  • Gilbert Sauvan
  • Christophe Sirugue
  • Julie Sommaruga
  • Pascal Terrasse
  • Sylvie Tolmont
  • Jean-Louis Touraine
  • Stéphane Travert
  • Catherine Troallic
  • Cécile Untermaier
  • Jean-Jacques Urvoas
  • Daniel Vaillant
  • Jacques Valax
  • Clotilde Valter
  • Michel Vauzelle
  • Fabrice Verdier
  • Michel Vergnier
  • Patrick Vignal
  • Jean-Michel Villaumé
  • Jean Jacques Vlody
  • Paola Zanetti

Abstention: 17

  • Laurent Baumel
  • Nicolas Bays
  • Jean-Luc Bleunven
  • Kheira Bouziane-Laroussi
  • Nathalie Chabanne
  • Dominique Chauvel
  • Pascal Cherki
  • Laurence Dumont
  • Geneviève Gaillard
  • Daniel Goldberg
  • Mathieu Hanotin
  • Pierre-Yves Le Borgn’
  • Pierre-Alain Muet
  • Christian Paul
  • Patrice Prat
  • Marie-Line Reynaud
  • Denys Robiliard

Groupe de l’union pour un mouvement populaire (198 membres)

Pour: 143

  • Damien Abad
  • Elie Aboud
  • Bernard Accoyer
  • Nicole Ameline
  • Benoist Apparu
  • Laurence Arribagé
  • Julien Aubert
  • Olivier Audibert-Troin
  • Jean-Pierre Barbier
  • Jacques Alain Bénisti
  • Xavier Bertrand
  • Marcel Bonnot
  • Jean-Claude Bouchet
  • Valérie Boyer
  • Philippe Briand
  • Bernard Brochand
  • Dominique Bussereau
  • Olivier Carré
  • Gilles Carrez
  • Yves Censi
  • Jérôme Chartier
  • Luc Chatel
  • Gérard Cherpion
  • Guillaume Chevrollier
  • Alain Chrétien
  • Jean-Louis Christ
  • Dino Cinieri
  • Éric Ciotti
  • Jean-François Copé
  • François Cornut-Gentille
  • Jean-Louis Costes
  • Édouard Courtial
  • Jean-Michel Couve
  • Marie-Christine Dalloz
  • Gérald Darmanin
  • Olivier Dassault
  • Bernard Deflesselles
  • Lucien Degauchy
  • Rémi Delatte
  • Jean-Pierre Door
  • Dominique Dord
  • David Douillet
  • Marianne Dubois
  • Christian Estrosi
  • Daniel Fasquelle
  • Georges Fenech
  • François Fillon
  • Marie-Louise Fort
  • Yves Foulon
  • Marc Francina
  • Yves Fromion
  • Laurent Furst
  • Sauveur Gandolfi-Scheit
  • Annie Genevard
  • Guy Geoffroy
  • Bernard Gérard
  • Alain Gest
  • Daniel Gibbes
  • Franck Gilard
  • Georges Ginesta
  • Charles-Ange Ginesy
  • Jean-Pierre Giran
  • Philippe Gosselin
  • Philippe Goujon
  • Claude Greff
  • Arlette Grosskost
  • Serge Grouard
  • Jean-Claude Guibal
  • Christophe Guilloteau
  • Michel Heinrich
  • Michel Herbillon
  • Antoine Herth
  • Guénhaël Huet
  • Sébastien Huyghe
  • Christian Jacob
  • Denis Jacquat
  • Christian Kert
  • Nathalie Kosciusko-Morizet
  • Jacques Kossowski
  • Patrick Labaune
  • Valérie Lacroute
  • Marc Laffineur
  • Jacques Lamblin
  • Jean-François Lamour
  • Guillaume Larrivé
  • Charles de La Verpillière
  • Thierry Lazaro
  • Alain Leboeuf
  • Isabelle Le Callennec
  • Marc Le Fur
  • Bruno Le Maire
  • Jean Leonetti
  • Pierre Lequiller
  • Philippe Le Ray
  • Geneviève Levy
  • Gilles Lurton
  • Jean-François Mancel
  • Alain Marleix
  • Philippe Armand Martin
  • Patrice Martin-Lalande
  • Alain Marty
  • Jean-Claude Mathis
  • François de Mazières
  • Gérard Menuel
  • Damien Meslot
  • Pierre Morange
  • Alain Moyne-Bressand
  • Jacques Myard
  • Dominique Nachury
  • Yves Nicolin
  • Patrick Ollier
  • Valérie Pécresse
  • Jacques Pélissard
  • Axel Poniatowski
  • Josette Pons
  • Didier Quentin
  • Frédéric Reiss
  • Jean-Luc Reitzer
  • Bernard Reynès
  • Camille de Rocca Serra
  • Sophie Rohfritsch
  • Martial Saddier
  • Paul Salen
  • François Scellier
  • Claudine Schmid
  • André Schneider
  • Jean-Marie Sermier
  • Michel Sordi
  • Éric Straumann
  • Claude Sturni
  • Michèle Tabarot
  • Guy Teissier
  • Michel Terrot
  • Jean-Marie Tetart
  • Dominique Tian
  • François Vannson
  • Catherine Vautrin
  • Patrice Verchère
  • Jean-Pierre Vigier
  • Philippe Vitel
  • Laurent Wauquiez
  • Éric Woerth
  • Marie-Jo Zimmermann

Abstention: 20

  • Sylvain Berrios
  • Marc-Philippe Daubresse
  • Claude de Ganay
  • Anne Grommerch
  • Françoise Guégot
  • Philippe Houillon
  • Frédéric Lefebvre
  • Céleste Lett
  • Véronique Louwagie
  • Lionnel Luca
  • Thierry Mariani
  • Olivier Marleix
  • Alain Marsaud
  • Pierre Morel-A-L’Huissier
  • Bernard Perrut
  • Christophe Priou
  • Arnaud Robinet
  • Fernand Siré
  • Jean-Sébastien Vialatte
  • Jean-Luc Warsmann

Groupe de l’union des démocrates et indépendants (30 membres)

Pour: 17

  • Stéphane Demilly
  • Philippe Folliot
  • Meyer Habib
  • Francis Hillmeyer
  • Sonia Lagarde
  • Jean-Christophe Lagarde
  • Michel Piron
  • Franck Reynier
  • François Rochebloine
  • Maina Sage
  • Rudy Salles
  • André Santini
  • François Sauvadet
  • Jean-Paul Tuaiva
  • Philippe Vigier
  • François-Xavier Villain
  • Michel Zumkeller

Abstention: 2

  • Thierry Benoit
  • Laurent Degallaix

Groupe écologiste (18 membres)

Pour: 5

  • Éric Alauzet
  • Denis Baupin
  • Christophe Cavard
  • François-Michel Lambert
  • François de Rugy

Abstention: 2

  • Véronique Massonneau
  • Barbara Pompili

Groupe radical, républicain, démocrate et progressiste (18 membres)

Pour: 17

  • Jean-Noël Carpentier
  • Ary Chalus
  • Gérard Charasse
  • Jeanine Dubié
  • Olivier Falorni
  • Paul Giacobbi
  • Joël Giraud
  • Gilda Hobert
  • Jacques Krabal
  • Jérôme Lambert
  • Jean-Pierre Maggi
  • Jacques Moignard
  • Dominique Orliac
  • Thierry Robert
  • Stéphane Saint-André
  • Roger-Gérard Schwartzenberg
  • Alain Tourret

Groupe de la gauche démocrate et républicaine (15 membres)

Pour: 3

  • Bruno Nestor Azérot
  • Marc Dolez
  • Gabriel Serville

Non inscrits (9 membres)

Pour: 1

  • Sylvie Andrieux

Abstention: 1

  • Gilles Bourdouleix

Donc un grand merci à eux pour leur courage politique et pour l’investissement exemplaire fournipour comprendre un texte de loi fondamental pour nos libertés.

N’hésitez pas à contacter vos représentants pour les remercier de cette belle remise en cause de la séparation des pouvoirs et du droit à la vie privée.

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PNCD, Loi Renseignement: Chiffrer c’est suspect https://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/2015/04/21/pncd-loi-renseignement-chiffrer-cest-suspect/ https://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/2015/04/21/pncd-loi-renseignement-chiffrer-cest-suspect/#comments Tue, 21 Apr 2015 12:47:08 +0000 http://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/?p=4915 L'article PNCD, Loi Renseignement: Chiffrer c’est suspect a été publié sur Révolte Numérique

Les débats au sujet du projet de Loi sur le Renseignement sont très intéressants ces jours-ci. Sans doute un peu bousculé par une inhabituelle fronde incluant les journalistes et les entreprises, le gouvernement propose des arguments et justifications qui ne sont pas toujours très au point. Mais des paroles contradictoires … Lire la suite

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L'article PNCD, Loi Renseignement: Chiffrer c’est suspect a été publié sur Révolte Numérique

dominosLes débats au sujet du projet de Loi sur le Renseignement sont très intéressants ces jours-ci. Sans doute un peu bousculé par une inhabituelle fronde incluant les journalistes et les entreprises, le gouvernement propose des arguments et justifications qui ne sont pas toujours très au point. Mais des paroles contradictoires et du flou entourant les déclarations des défenseurs du projet, on retiendra quelque chose qui ne fait aucun doute: chiffrer ses communications est maintenant devenu suspect.

Une communication désastreuse et des demi-aveux en cascade

Tandis que le projet de loi collectionne les opposants et les surnoms (Frenchiot Act, loi scélérate…), Le Monde est revenu sur un hypothétique dispositif de surveillance de masse de la DGSE: le PNCD. En plus d’être totalement hors contrôle, les bases de données constituées seraient à la disposition des services intérieurs. Alors que la chose avait déjà été évoquée il y a plusieurs années, c’est en plein débat sur la collecte massive de données que resurgit cette enquête.

Invité le dimanche 19 avril au court de l’émission Le supplément sur Canal+, François Hollande a tenté d’éclairer nos lanternes:

« Maïtena Biraben : La PNCD, ce n’est pas encadré…
– François Hollande : Avant il y avait des choses qui n’étaient pas encadrées… Qui fonctionnaient… Personne ne s’en inquiétait…
– Vous le saviez ?
– On a découvert quand même un certain nombre de choses. […] – Je précise, PNCD pour “plateforme de cryptage et de décryptement”, un système complexe et occulte mis en place par la DGSE depuis 2007…
– Oui ! Ben justement, ça existait… ça existait… et il n’y avait pas de loi pour le contrôler.
– Mais ça n’est pas encadré par la loi sur le renseignement…
– Mais si, ce sera encadré par la loi ! Puisque la DGSE… Tout ce qu’elle fait à l’extérieur… C’est à l’extérieur…
– Ce n’est pas du ressort de la loi française…
– Mais tout ce qui est fait à l’intérieur est contrôlé… »

 

 

 

 

 

 

De deux chose l’une: soit François Hollande vient de faire une putain de boulette en avouant l’existence d’un programme dont son propre ministre de l’Intérieur avait nié la réalité quelques jours auparavant, soit le Président ne pipe pas un mot de ce qu’il raconte. Ceux favorables à la deuxième option pourraient rétorquer: « quand on entend François Hollande nous expliquer qu’un algorithme est une machine, la question se pose »; et ils n’auraient pas tout à fait tort. 😉facepalm

C’est probablement vers la synthèse de ces deux points de vue qu’il faut creuser pour y comprendre quelque chose.

De son côté, Médiapart est allé chercher les propos du Ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian:

Le 15 avril, Jean-Yves Le Drian ajoutait qu’il existait bien depuis 1999 un PNCD pour « Pôle national de cryptanalyse et de décryptement » mais qu’il s’agit uniquement d’un outil « consacré au déchiffrement » « nécessaire pour bien maîtriser la surveillance des communications internationales »

 

Bon, on en saura pas beaucoup plus sur le fond de cette affaire pour l’instant tant les déclarations sont brouillonnes. Notons tout de même que Jean-Marc Manach, journaliste spécialiste de ces questions, doute de la possibilité d’une surveillance de masse opérée par la DGSE.

Si l’utilisation qui est faite du PNCD reste pour l’instant mystérieuse, l’existence du programme était en fait un secret de polichinelle. Le Parisien a en effet retrouvé sa trace dans des documents publics de la commission de la Défense sur le projet de loi de finances 2006, et des journalistes avaient déjà traité la question à plusieurs reprises.

Par Tor, les VPN, le chiffrement des mails: tout le monde est suspect

Outre ces cafouillages plus ou moins contrôlés, il reste tout de même une certitude: le chiffrement des communications est aujourd’hui clairement visé par le pouvoir. Que la DGSE travaillait sur la question n’était pas un secret. Que cela emmerdait clairement les renseignements intérieurs ne surprend pas d’avantage. Mais ce qui est tout de même un peu nouveau, c’est l’affirmation publique que les techniques garantissant la confidentialité ou l’anonymat en ligne sont en soi suspectes.

Mais qui chiffre ses communications? (cliquez)

Le retour sur le devant de la scène du PNCD n’a pas été la seule sortie anti-chiffrement de la semaine. Dans le projet de Loi sur le Renseignement, il est en effet question de pouvoir accéder « sans délais » aux clés de chiffrement. Cela signifie que l’État pourrait accéder en temps réel à ces clés permettant de lire le contenu des communications des internautes. Déjà, ça fait peur.

Si le chiffrement s’est démocratisé, c’est bien pour permettre à chacun de disposer d’une vie privée. N’en déplaise à Bernard Cazeneuve pour qui ce droit n’est pas une liberté, il est affirmé notamment dans l’article 12 de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, et dans la sphère numérique, on beau chercher, seule la cryptographie le garantit.

Malgré ça, le Ministre de l’Intérieur l’a bien fait comprendre dans l’hémicycle, le chiffrement est suspect. En tirant à nouveau sur les grosses ficelles des discours anxiogènes développés aux premiers jours du net, il diffuse lentement l’idée que le chiffrement pourrait cacher n’importe qui, surtout des terroristes:

« Mes services de renseignement ont pu, par des échanges d’informations, savoir que des terroristes procédaient, sur le darknet, à des communications cryptées donnant des éléments précis sur leur intention de commettre des actes terroristes. […]

 

[Les terroristes utilisent] une multitude d’adresses IP qui se masquent les unes les autres, à partir de messages postés depuis différentes boîtes situées partout sur la planète. »

 

Il s’agit là d’un raisonnement au moins aussi « fouillé » que celui qui consistait il y a peu à expliquer que 90% des terroristes sont allés sur Internet pour se radicaliser avant de passer à l’acte, mais on reconnaît sans aucune ambiguïté une charge contre le réseau Tor et les techniques d’anonymisation sur Internet.

La question qui se pose alors est celle de la présomption d’innocence. Devra t-on renoncer à ce droit si l’on utilise des techniques de chiffrement? Comme bien d’autres, j’ai interrogé Bernard Cazeneuve le 16 avril lors de sa session questions/réponses sur Twitter:

cazeneuve_vpnAprès plusieurs relances de différents internautes, la réponse se fait toujours attendre. Probablement encore un sujet qui nécessite de lever le secret défense!

Vers la transparence pour tous (enfin presque)

Ce que l’on peut déceler derrière ces discours et ces pratiques, c’est le glissement vers les citoyens de la nécessité de transparence. En appliquant les exigences de transparence demandées à l’État aux citoyens, le gouvernement se place dans la droite ligne de la mythologie libertarienne du tout privatisable d’un Facebook, ou du Darwinisme technologique d’un Google. Quand Facebook affirme que la vie privée appartient au passé, le gouvernement la réduit à néant en faisant mine d’être dans la norme. Et quand Google défend la transparence radicale au nom du progrès technologique, le gouvernement le fait au nom de la lutte contre le terrorisme. Des arguments différents pour des effets similaires.

Bernard Cazeneuve a d’ailleurs lui-même évoqué la politique des GAFA à l’Assemblée (Google, Amazon, Facebook, Apple),en s’étonnant que l’on puisse faire des reproches au gouvernement alors que leurs pratiques n’émouvaient personne (ce qui est un mensonge grotesque puisque les CNIL européennes ne cessent de s’attaquer aux géants du net sur la question de la vie privée).

Partant de l’exigence de transparence à l’égard de l’État, c’est maintenant le peuple qui doit montrer patte blanche face au pouvoir. Avec la mise hors jeu du pouvoir judiciaire dans le contrôle des interceptions, c’est le deuxième hold up de cette loi: faire en sorte que ce ne soit plus à ceux à qui nous confions les manettes de rendre des comptes, mais à nous. Nous le constatons, c’est une vision assez asymétrique de la transparence qui nous est imposée ici.

La seule réponse que l’État veut bien donner à ce sujet est: ayez confiance! Sur le plateau de Canal, François Hollande n’agitait que des garanties de principes, comme l’avait fait Cazeneuve sur les recours possibles des citoyens en cas d’écoutes:

« Cessons de croire qu’il y a un système général d’écoutes. Pourquoi voudriez-vous que l’Etat, même les services, entreprennent de savoir ce que nous faisons, y compris dans notre vie privée ? »..

 

Il faut le dire, ces arguments ne valent pas mieux qu’un: « m’enfin ma bonne dame? Pourquoi vous méfiez-vous? On est les gentils nous… »

Mais dans une démocratie, ce qui est exigible de l’État, ce ne sont pas des paroles, mais des garanties.
Et la seule chose garantie pour l’instant, c’est que ceux qui protègent leur vie privée seront surveillés.

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Loi renseignement: pourrons-nous vraiment demander un recours en cas d’écoutes injustifiées? https://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/2015/04/15/loi-renseignement-pourrons-nous-vraiment-demander-un-recours-en-cas-decoutes-injustifiees/ https://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/2015/04/15/loi-renseignement-pourrons-nous-vraiment-demander-un-recours-en-cas-decoutes-injustifiees/#respond Wed, 15 Apr 2015 12:57:52 +0000 http://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/?p=4905 L'article Loi renseignement: pourrons-nous vraiment demander un recours en cas d’écoutes injustifiées? a été publié sur Révolte Numérique

C’est l’une des questions fondamentales qui se pose à la lecture du projet de loi sur le Renseignement: quel contrôle et quels recours seront possibles lorsque les services de renseignement couverts par le secret défense pourront poser balises, micros, caméras et mouchards sur nos appareils électroniques? Peu abordé d’un point … Lire la suite

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L'article Loi renseignement: pourrons-nous vraiment demander un recours en cas d’écoutes injustifiées? a été publié sur Révolte Numérique

serpent_mord_queue

C’est l’une des questions fondamentales qui se pose à la lecture du projet de loi sur le Renseignement: quel contrôle et quels recours seront possibles lorsque les services de renseignement couverts par le secret défense pourront poser balises, micros, caméras et mouchards sur nos appareils électroniques? Peu abordé d’un point de vue pragmatique, ce « détail » a été évoqué lors d’un passage à France Inter du rapporteur du texte Jean-Jacques Urvoas. Et sa réponse est tout à fait instructive…

L’échange se déroule au 7/9 de Patrick Cohen sur France Inter le mercredi 15 avril 2015. Un auditeur passant à l’antenne s’inquiète des possibilités de recours:

« J’aurais voulu savoir si la loi prévoit un ou plusieurs recours juridiques pour les personnes qui sont écoutées de manières abusives. »

 

Bien rodé sur le sujet, Urvoas propose la réponse préparée habituelle et expose les deux possibilités prévues:

  • La saisie de la CNCTR (Commission Nationale de Contrôle des Techniques de Renseignement),
  • et s’il n’y a pas d’enquête justifiant les écoutes, l’opportunité offerte de saisir une formation spécialisée du Conseil d’État.

Urvoas fait son Ouroboros

Un peu léger si l’on se projette concrètement dans la situation. Une seconde question venant des réseaux sociaux amène donc les journalistes à pousser un peu le raisonnement, et on sent alors le député moins à l’aide dans ses pompes:

« Comment saisir les juges si on ne sait pas qu’on est surveillé? Vu que c’est le principe…

 

-C’est une très bonne question [NDLA: Tu m’étonnes John!]. D’ailleurs si le travail est bien fait, on ne sait pas qu’on est écouté. C’est la raison pour laquelle on a prévu un mécanisme en deux temps:
On saisi la CNCTR en disant « je suis écouté, mes libertés sont écornées, je vous demande de rectifier ».
La CNCTR mène l’enquête, et la CNCTR constatera. Ou vous êtes écouté et c’est normal puisque la personne en question est une menace et on ne va pas lui dire: « oui vous êtes écouté ne vous inquiétez pas, passez donc sur un autre domaine comme ça on ne vous écoutera plus ». Si c’est une menace pour la république et pour les libertés elle continuera, mais la commission ne le lui dira pas.

 

Si la personne est indûment écoutée, nous sommes dans ce cas, et bien la CNCTR saisira le conseil d’État.

 

-Oui mais si on ne sait pas qu’on est écouté personne ne va saisir la CNCTR…

 

-Oui mais là le serpent se mord la queue au bout d’un moment! Si la personne ne sait pas qu’elle est écoutée ça veut dire qu’il n’y a pas de raison qu’elle soit écoutée. »

 

Vous avez tout bien suivi comme il faut? Si vous ne le savez pas, c’est qu’il n’y a aucun risque. En gros: ayez confiance! Voilà à quoi tient le très complexe mécanisme de recours proposé aux citoyens…

serpent_confiancePour rappel, le projet de loi Renseignement ouvre le champ des missions des services à 7 grands domaines:

  1. L’indépendance nationale, l’intégrité du territoire et la défense nationale
  2. Les intérêts majeurs de la politique étrangère et la prévention de toute forme d’ingérence étrangère
  3. Les intérêts économiques industriels et scientifiques majeurs de la France
  4. La prévention du terrorisme
  5. La prévention des atteintes à la forme républicaine des institutions, des violences collectives de nature à porter atteinte à la sécurité nationale, de la reconstitution ou d’actions tendant au maintien de groupements dissous en application de l’article L. 212 1
  6. La prévention de la criminalité et de la délinquance organisées
  7. La prévention de la prolifération des armes de destruction massive

Vous êtes bien sûrs que vous ne serez jamais concernés? Jamais fait de manifestations? Parce qu’elles peuvent être visées… Et dans la famille? Vos amis?

Ah! C’est bien ce qu’il me semblait…

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Human Rights Watch fusille le projet de loi sur le Renseignement https://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/2015/04/07/human-rights-watch-fusille-le-projet-de-loi-sur-le-renseignement/ https://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/2015/04/07/human-rights-watch-fusille-le-projet-de-loi-sur-le-renseignement/#respond Tue, 07 Apr 2015 19:56:32 +0000 http://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/?p=4894 L'article Human Rights Watch fusille le projet de loi sur le Renseignement a été publié sur Révolte Numérique

Dans la lignée des très nombreuses réactions négatives déjà publiées à l’encontre du projet de loi sur le Renseignement, c’est au tour de l’ONG internationale Human Right Watch de tirer la sonnette d’alarme. Et c’est peu de le dire, la sentence est lourde pour la France. Alors que la presse … Lire la suite

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L'article Human Rights Watch fusille le projet de loi sur le Renseignement a été publié sur Révolte Numérique

humanrightswatchDans la lignée des très nombreuses réactions négatives déjà publiées à l’encontre du projet de loi sur le Renseignement, c’est au tour de l’ONG internationale Human Right Watch de tirer la sonnette d’alarme. Et c’est peu de le dire, la sentence est lourde pour la France.

Alors que la presse française commence tout doucement à se saisir de la question de la grande dangerosité de cette loi, outre-Atlantique, les positionnements sont plus clairs. Car faut-il encore le rappeler, la surveillance de masse, les citoyens américain savent bien ce que c’est.

La semaine dernière, c’était un article du New York Times qui tirait à boulets rouges sur le projet de loi, entraînant ici une prise de conscience au-delà des cercles habitués à suivre ce type d’actualité. Ce 7 mars, L’ONG Human Rigths Watch publie à son tour un rapport extrêmement dur à l’encontre du gouvernement français.

Dès les premières lignes les mots sont sévères:

« Ce texte bafoue des obligations relatives aux droits humains. »

 

« [C’est] un projet de loi conférant de vastes pouvoirs de surveillance électronique [et qui] contrevient aux engagements internationaux de la France relatifs aux droits humains. »

 

C’est également la procédure accélérée utilisée pour imposer le texte qui consterne l’ONG. En effet, le 13 avril, le projet sera déjà présenté à l’Assemblée.

Sur le fond, HRW s’en prend en particulier au dispositif d’écoutes massives basé sur une boîte noire disposée chez les fournisseurs d’accès à Internet, ainsi qu’au recours à ces techniques intrusives sans avis du juge, sans un contrôle satisfaisant, et ce pour des motifs beaucoup trop divers :

« [Il y aura des] pouvoirs considérables accordés au Premier ministre pour autoriser la surveillance, sur des motifs qui dépassent largement ceux reconnus par le droit international des droits humains. »

 

« Il est difficile de voir comment les personnes visées – que ce soit directement ou en raison d’associations dont elles ne sont pas conscientes, de l’endroit où elles sont, ou d’autres raisons – pourront savoir qu’elles ont fait l’objet d’un contrôle, et contester ces actes devant le Conseil d’État », (Dinah PoKempner, directrice juridique chez Human Rights Watch).

 

Déçue des effets d’annonce d’un gouvernement promettant il y a encore quelques mois une loi protectrice, Dinah PoKempner enchaîne :

« Bien que l’objectif du projet de loi soit de raccrocher les pratiques de surveillance de la France au cadre du droit, c’est en réalité une extension massive des pouvoirs en matière de surveillance qui se drape dans le voile de la loi. »

 

« La France se doit de faire mieux que ça, surtout si elle veut se distancier des pratiques de surveillance de masse abusives et secrètes des Etats-Unis et du Royaume-Uni, qui suscitent tant de contestations juridiques. »

 

C’est donc la posture de la France vis à vis de ses propres engagements, ainsi que ses intentions qui sont mises en cause:

« La très large portée de ce projet de loi contredit radicalement les obligations de la France aux termes du droit international des droits humains, et  pourrait servir à légitimer légalement un État de surveillance. »

 

Fidèle à son rôle de garante de la liberté d’expression, l’ONG dénonce, au même titre que RSF et les syndicats d’avocats, une atteinte en particulier au travail des chercheurs, journalistes, universitaires, avocats et acteurs humanitaires qui « visitent des sites web qui font l’apologie du terrorisme, et échangent avec des personnes liées à des crimes, pour mieux comprendre ces exactions et lutter contre elles. »
L’argument de l’inefficacité de la loi est une fois de plus signalé, et tranche avec la violence des coups portés aux libertés publiques.

Enfin, c’est avec une amertume perceptible que la position de la France et le modèle qu’elle affiche face aux autres pays dans le monde qui sont largement mis en accusation :

« Les gouvernements les plus répressifs pourront remercier la France, qui créée un précédent juridique en forçant les plus grandes entreprises de l’Internet à contrôler non seulement les indices de “terrorisme”, mais aussi les indices d’une dissidence tout juste naissante, ou même d’une pensée indépendante. ».

 

En effet, ces projets tranchent quelque peu avec les réactions outrées des représentants politiques français suite aux révélations de Snowden sur la surveillance de la NSA. À y regarder de plus près, on sentait déjà à l’époque une posture ambivalente notamment au regard de la politique d’exportation de matériel de surveillance dans certaines dictatures.

Quand une part si grande des acteurs citoyens, techniques, juridiques, politiques et de sécurité se mobilisent contre un projet de loi et avec des arguments aussi forts, on peut espérer qu’une démocratie réagisse pour prendre un peu de recul.

Mais peut-on encore considérer que l’oreille soit ouverte à la discussion côté gouvernement?

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Si vous êtes contre la loi sur le Renseignement, vous êtes pour le terrorisme! https://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/2015/04/07/si-vous-etes-contre-la-loi-sur-le-renseignement-vous-etes-pour-le-terrorisme/ https://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/2015/04/07/si-vous-etes-contre-la-loi-sur-le-renseignement-vous-etes-pour-le-terrorisme/#respond Mon, 06 Apr 2015 22:11:13 +0000 http://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/?p=4885 L'article Si vous êtes contre la loi sur le Renseignement, vous êtes pour le terrorisme! a été publié sur Révolte Numérique

Ce titre, beau comme tu Cazeneuve, c’est pour vous présenter une petite image de ma composition à partir d’un dessin de Gotlib et d’un appel à propositions d’affiches de Stephane Bortzmayer sur Twitter. Cela fait suite à la publication d’une affiche de propagande turque contre l’utilisation des VPN alors que … Lire la suite

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L'article Si vous êtes contre la loi sur le Renseignement, vous êtes pour le terrorisme! a été publié sur Révolte Numérique

Ce titre, beau comme tu Cazeneuve, c’est pour vous présenter une petite image de ma composition à partir d’un dessin de Gotlib et d’un appel à propositions d’affiches de Stephane Bortzmayer sur Twitter.
Cela fait suite à la publication d’une affiche de propagande turque contre l’utilisation des VPN alors que le pays vient de censurer Youtube, Facebook et Twitter.

Mais nous aussi les français on sait censurer et surveiller le réseau! Non mais!

superdupontvpn

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Loi Renseignement: Bernard Cazeneuve vise les mouvements sociaux https://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/2015/04/01/loi-renseignement-bernard-cazeneuve-vise-les-mouvements-sociaux/ https://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/2015/04/01/loi-renseignement-bernard-cazeneuve-vise-les-mouvements-sociaux/#respond Wed, 01 Apr 2015 01:39:12 +0000 http://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/?p=4870 L'article Loi Renseignement: Bernard Cazeneuve vise les mouvements sociaux a été publié sur Révolte Numérique

Mardi 31 mars 2015, Bernard Cazeneuve était auditionné par la commission des lois à propos du projet de loi sur le renseignement. Déchaînant les critiques  depuis les premières fuites du texte, la proposition est attaquée de toutes parts au motif qu’elle permettrait de mettre en place une surveillance de masse … Lire la suite

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L'article Loi Renseignement: Bernard Cazeneuve vise les mouvements sociaux a été publié sur Révolte Numérique

violence_policeMardi 31 mars 2015, Bernard Cazeneuve était auditionné par la commission des lois à propos du projet de loi sur le renseignement. Déchaînant les critiques  depuis les premières fuites du texte, la proposition est attaquée de toutes parts au motif qu’elle permettrait de mettre en place une surveillance de masse des communications. De même, elle légaliserait des pratiques d’écoutes particulièrement intrusives jusqu’ici hors des clous.

Interrogé par le député PS de Seine Saint-Denis Pascal Popelin au sujet de la possibilité de viser les mouvements sociaux, le ministre de l’intérieur a refusé d’exclure ce type de cibles du texte.

Prévenir les atteintes graves à la paix sociale

Alors qu’il souhaitait préciser le périmètre d’intervention des services de renseignement, le député du 93 a repris à son compte les craintes exprimées par de très nombreuses associations et personnalités. Il demande:

« Comment être exhaustif sans devenir globalement et dangereusement globalisant? »

 

Il enchaîne:

« [Le] 7e alinéa L811-3 du code de la sécurité intérieur a fait naître beaucoup de craintes quant à l’interprétation extensive dont il pourrait faire l’objet à l’encontre notamment des mouvements sociaux. »

 

Fidèle au déni qui a caractérisé toutes ses prises de parole au sujet de la dangerosité de la loi, Bernard Cazeneuve rétorque:

« Notre objectif est, par des mesures de police administrative sous le contrôle du juge des libertés, de prévenir des atteintes graves à la paix sociale, c’est à dire à ce qui constitue le fondement de la République le creuset de ses valeurs, et en aucun cas d’empêcher de telle ou telle manière l’expression de la liberté syndicale ou de la liberté d’expression politique ».

« Il y a des mouvements qui en raison des actions qu’ils déclenchent peuvent se trouver à l’origine de violences pouvant porter atteinte aux principes fondamentaux de la République. »

 

Pour faire passer la pilule, il agite le réseau fasciste des identitaires, mais il est évident que tous les mouvements sociaux pourront être concernés.

Au-delà de cette question des cibles, on retrouve également cette prétention à pouvoir agir avant que les actes jugés menaçants ne soient perpétrés:

Faut-il « prévenir ces actes au titre de mesures administratives, ou les laisser se déployer? » Une fois encore, la question de la présomption d’innocence sera mise au placard…


Cazeneuve refuse d’exclure les mouvements… par LCP

Contrôler les masses et les formes de contestations

Chose « amusante », après cette sortie remarquable du ministre, le tweet de la chaîne parlementaire renvoyant vers la vidéo de cette prise de parole a rapidement été supprimé:

tweet_mouvmt_cazLa mouvance identitaire aurait-elle des relais chez LCP pour qu’il faille prendre des « mesures » contres ses paroles scandaleuses? À la place de ce tweet a été republié le lien vers la vidéo, mais avec le titre moins grinçant:

Cazeneuve cible la « mouvance identitaire ».

 

Pressions? Autocensure? En tout cas, on apprécie la nuance.

En savourant ce que nous apportera la censure maintenant en place et l’autocensure qui risque de se développer fortement dans un tel climat sécuritaire, on repense aux mésaventures de nos amis anglais il y a quelques années.

Après les émeutes de 2011 en Angleterre, Cameron avait tiré à boulets rouges sur les réseaux sociaux, les pointant comme médiums grâce auxquels les manifestants avaient pu s’organiser. Dans la foulée des événements, il convoquait Twitter, Facebook et RIM (Blackberry), pour leur remonter les bretelles et surtout trouver des moyens communs de bloquer les communications voire de les déchiffrer dans le cas de Blackberry (l’application sécurisée BlackBerry Messenger avait été très populaire chez les émeutiers à ce moment là).
Suite à cela, deux personnes avaient également pris 4 ans fermes pour avoir lancé des appels à l’émeute sur les réseaux sociaux.

Depuis, nous avons appris comment nos voisins collaboraient activement à la surveillance planétaire des réseaux de communication avec la NSA.

Un modèle pour nos chers « représentants » « socialistes »? Par les temps qui courent, les périodes de tension sociale risquent de pointer le bout de leur nez assez rapidement…

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Vidéo: Conférence des associations opposées à la Loi sur le Renseignement https://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/2015/03/28/video-conference-des-associations-opposees-a-la-loi-sur-le-renseignement/ https://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/2015/03/28/video-conference-des-associations-opposees-a-la-loi-sur-le-renseignement/#respond Sat, 28 Mar 2015 14:39:05 +0000 http://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/?p=4841 L'article Vidéo: Conférence des associations opposées à la Loi sur le Renseignement a été publié sur Révolte Numérique

Jeudi 26 mars, une conférence de presse s’est tenue dans les locaux de La Quadrature Du Net afin de faire entendre la parole d’acteurs de la société contre la Loi sur le Renseignement, laquelle doit être votée à partir du 13 avril 2015. Parmi les présents, on trouvait La Quadrature … Lire la suite

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L'article Vidéo: Conférence des associations opposées à la Loi sur le Renseignement a été publié sur Révolte Numérique

quadratureJeudi 26 mars, une conférence de presse s’est tenue dans les locaux de La Quadrature Du Net afin de faire entendre la parole d’acteurs de la société contre la Loi sur le Renseignement, laquelle doit être votée à partir du 13 avril 2015.

Parmi les présents, on trouvait La Quadrature du Net, Amnesty International France, Reporters Sans Frontières, l’Observatoire des Libertés et du Numérique, le CREIS-Terminal, la Ligue des Droits de l’Homme, le Syndicat de la Magistrature, le Syndicat des avocats de France et le CECIL.

Ce qui frappe d’emblée dans ces prises de parole, c’est l’absence d’ambiguïté quant à la dénonciation d’un risque de surveillance de masse.  Trois autres problèmes fondamentaux structurent le positionnement commun:

  • La question du rythme de l’étude du projet. L’utilisation de la procédure d’urgence pour voter cette loi ne permet pas l’installation d’un temps de réflexion pour la société civile.
  • La question de la légalisation automatique des pratiques illégales des Renseignements (« allégales » selon le gouvernement).
  • La question du recours pour les personnes pensant être sujettes à la surveillance qui est « quasiment inexistant ».

Une loi qui pourra impliquer les organisations politiques, syndicales et le mouvement associatif

Pour la LDH, il faut souligner que le discours du gouvernement présente le projet comme étant vertueux, alors qu’il légalise selon eux « des pratiques délinquantes et liberticides ». L’absence de volonté de négociation est elle aussi pointée du doigt.

Comme plusieurs autres acteurs, la Ligue rappelle qu’il ne s’agit pas d’une loi contre le terrorisme, comme on pourrait le penser étant donné le contexte politique et la communication gouvernementale, mais d’une loi sur le Renseignement. Cette distinction apparemment anodine a le mérite de proposer une prise de recul vis à vis d’une loi qui a été préparée bien avant les attentats de janvier, et dont le champ d’application dépasse très largement le problème de la supposée menace terroriste sur le territoire.

L’ouverture est en effet immense. La LDH considère donc que les organisations politiques, syndicales, et le mouvement associatif pourront tout à fait être concernés par cet élargissement du champ d’intervention. On se souvient alors du fichier EDVIGE. C’est également un projet qui organise « l’impunité des agents de l’État » et « le privilège donné au jugement administratif » qui est dénoncé.

Pour conclure, Pierre Tartakowski de la LDH lance: « C’est un projet qui ne fait pas confiance à la société mais qui demande à la société de faire confiance à l’État. Mais ce que nous avons appris, c’est que face à l’État, il ne faut pas de la confiance, il faut des garanties ».

La liberté de la presse menacée

Infatigable refrain fredonné depuis les attentats contre Charlie Hebdo, la menace vis à vis de la liberté de la Presse n’est plus ici l’apanage des terroristes. Pour RSF, la loi aura un impact direct sur les libertés des journalistes et pourrait bien compromettre la protection des sources. L’association demande donc une exception journalistique en s’appuyant sur la recommandation de la CNIL. Son porte parole Christophe Deloire critique également le blocage administratif d’un site mis en œuvre courant mars, au prétexte qu’un discours d’un responsable de l’État Islamique avait été cité.

Pas de doute, les inquiétudes sont grandes chez les journalistes aussi…

Un contrôle et des recours aux contours bien flous

Amnesty International France s’offusque par le biais de Geneviève Garrigos de l’absence de réflexion sur la problématique du Renseignement. Elle le définit ainsi: ce sont « des agences qui travaillent dans l’opacité et qui recueillent des informations ». Si le texte propose officiellement d’entraver ces risques de dérives, il est une fois encore présenté comme étant loin de se limiter au domaine du terrorisme. Elle relève notamment la protection des intérêts économiques de la France et la lutte contre les violences collectives, et anticipe elle aussi un ciblage des mouvements sociaux.

Le Droit fondamental est mis de côté: c’est le droit à la sûreté qui est sacrifié (garanti normalement face aux abus de la puissance publique), au profit du renforcement d’une protection des agents.
La CNCTR (Commission Nationale de Contrôle des Techniques de Renseignement) censée contrôler les mesures de surveillance, est de ce fait consultative. Si un individu est susceptible de participer à des mobilisations collectives ou de remettre en cause la sécurité d’une entreprise située en France, il pourra faire l’objet de mesures de surveillance. Mais seul le premier ministre pourra prendre la décision de cibler un individu. Pour Amnesty, il s’agit là d’une « remise en cause du principe d’inviolabilité du domicile et du droit à l’intimité », et d’un « refus d’un droit de regard indépendant [vis à vis] du politique ».

Si l’on pense être visé par une mesure de surveillance, la saisie du Conseil d’État sera possible, mais celui-ci ne pourra que confirmer s’il y a une mesure. La personne ne pourra être informée de ce qui a été mis en place, ni pour combien de temps. Le secret défense prévaudra. Là encore, « on empêche le contrôle démocratique » déclare Geneviève Garrigos . L’article 7 étend pour cela la pénalisation de la révélation sur l’existence de mesures de surveillance, même illégales. On pense rapidement au sort envisagé pour les lanceurs d’alertes.

L’Amérique, je veux l’avoir, et je l’aurai

Comme Joe Dassin, La Quadrature du Net s’est donnée pour mission de scruter outre-Atlantique pour comparer les ressemblances en terme de pratiques de Renseignement. L’association dénonce en avant-propos une politique de l’autruche car les pratiques de la DGSE et les accords LUSTRE n’ont « donné lieu à aucune réaction publique claire », et ce malgré des mois de polémiques autour des révélations Snowden. Cette omerta sur les pratiques américaines s’avère moins surprenante lorsque l’on observe les projets de renseignement français. L’article L851-4 sur les « boîtes noires » est ainsi mis en parallèle avec la loi britannique installant la pièce centrale de la surveillance systématique du GCHQ (Renseignements britanniques, alliés à la NSA).

De même, les communications émises ou reçues de l’étranger sont visées par la loi en préparation, ce qui recouvre une « très grande partie des communications » pour La Quadrature. Là encore, on fait le lien avec le placement de mouchards et la collecte « upstream » de la NSA, c’est à dire directement branchée sur les câbles Internet. Les modalités de surveillance feront également l’objet d’un décret non publié, autre outil dont se sont dotés les américains avec l’article 702 de la FISA, cette cour secrète couvrant les agissements de la NSA.

Enfin, pour la Quadrature, l’article qui immunise les agent de « criminalité informatique » si les faits sont réalisés à l’étranger fait irrémédiablement penser aux pratiques de hacking de la NSA.

Le bilan n’est donc pas très réjouissant pour toutes ces associations, mais leur message est clair, il est temps de nous faire entendre.

 

Merci à JcFrog d’avoir mis en ligne ces vidéos

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Réforme du renseignement: un Patriot Act français? https://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/2015/03/21/reforme-du-renseignement-un-patriot-act-francais/ https://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/2015/03/21/reforme-du-renseignement-un-patriot-act-francais/#respond Sat, 21 Mar 2015 15:35:42 +0000 http://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/?p=4807 L'article Réforme du renseignement: un Patriot Act français? a été publié sur Révolte Numérique

Fuité par le Figaro, le projet de loi relatif au renseignement a été présenté par Manuel Valls jeudi 18 mars au conseil des ministres. Il doit être voté en procédure accélérée (ça devient une habitude). Élargissant considérablement les capacités de surveillance et d’interception des communications sans passer par une autorité … Lire la suite

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L'article Réforme du renseignement: un Patriot Act français? a été publié sur Révolte Numérique

vallsPJLrenseignement

Fuité par le Figaro, le projet de loi relatif au renseignement a été présenté par Manuel Valls jeudi 18 mars au conseil des ministres. Il doit être voté en procédure accélérée (ça devient une habitude). Élargissant considérablement les capacités de surveillance et d’interception des communications sans passer par une autorité judiciaire, cette loi se voit déjà attribuer le surnom de Patriot Act à la française.

D’après Geneviève Garrigos, présidente d’Amnesty International France: « Par ce projet de loi, la France autorise la surveillance de masse pour la prévention du terrorisme sans contrôle judiciaire ni recours effectif pour les victimes de surveillance ».

Depuis de nombreuses années mais plus encore après les attentats de Paris début février, le discours sécuritaire est omniprésent dans les prises de paroles politiques. Ceux qui considéraient que le rythme était trop élevé sous Sarkozy en ont pour leur compte: la même semaine où la censure de sites présumés terroristes sans intervention d’un juge apparaît en France, le gouvernement tente de passer en vitesse une loi qui légalise les pratiques  obscures des renseignements. C’est l’un des aspects surprenants de la communication officielle: justifier en bloc des pratiques illégales. Les à côté en matière de surveillance pourront maintenant se légitimité par les textes. « Bonne » nouvelle!

Prévenir et prédire les comportements jugés suspects avec le Big Data

Les férus de science-fiction vont encore atteindre le point Orwel ou le point K. Dick. Selon les analyses, il serait question de poser des « boîtes noires » chez les fournisseurs d’accès afin de« détecter automatiquement une succession suspecte de données de connexion ». Des algorythmes devraient donc se charger de faire le tri afin de repérer des schémas ou des empruntes censées correspondre avec l’idée que les renseignement se font d’une communication déviante. Selon quels critères? Mystère.
Le premier ministre pourra demander la levée de « l’anonymat » en cas de suspicion d’une préparation d’un acte de terrorisme.

La première interrogation qui vient en tête concerne alors la taille de la botte de foin. Pour pouvoir dénicher l’aiguille, il faut bien retourner la paille, y jeter un œil… Rien qu’un petit peu. Doit-on donc s’attendre à une surveillance généralisée du trafic? Ou alors y a-t-il une technique miraculeuse permettant de ne surveiller directement que les méchants?

Irrémédiablement, on pense alors à l’utilisation du Deep Packet Inspection, c’est à dire à l’analyse des contenus des communications. Si le gouvernement s’en défend et évoque la seule observation des métadonnées (qui parle avec qui? À quelle heure? Combien de temps? etc.), le passif du gouvernement français vis à vis de cette technologie parfois comparée au nucléaire pour sa grande dangerosité pose question.

Souvenez-vous: 2011, Kadhafi est renversé et on trouve de jolies machines françaises estampillés Amesys. Utilisées pour observer la totalité de la population Libyenne, nous apprenions pour de vrai ce que signifie être leaders dans le domaine de la surveillance, et à quel point la France était compétente en la matière. L’affaire éclaboussa jusqu’au plus hauts lieux du pouvoir français mais aujourd’hui, silence. L’utilisation dans les dictatures aurait-elle servi de phase beta pour une introduction sur notre sol?
Nous ne pouvons tirer des conclusions hâtives mais la chose n’est plus impossible.

Si la méthode reste obscure, c’est aussi le cas pour les raisons qui pourront justifier une surveillance. Jugez par vous-même:

  1. L’indépendance nationale, l’intégrité du territoire et la défense nationale
  2. Les intérêts majeurs de la politique étrangère, l’exécution des engagements internationaux, la prévention de toute forme d’ingérence étrangère
  3. Les intérêts économiques ou scientifiques majeurs
  4. La prévention du terrorisme, des atteintes à la forme républicaine et à la stabilité des institutions, de la reconstitution ou du maintien de groupement dissous
  5. La prévention de la criminalité et de la délinquance organisées
  6. La prévention de la prolifération des armes de destruction massive
  7. La prévention des violences collectives de nature à porter gravement atteinte à la paix publique

C’est déjà pas mal…
Qu’on se le dire, les comportements « suspects » seront bien encadrés.

Pour le plat de résistance

Le projet est un véritable chef d’œuvre de la fuite en avant sécuritaire:

  • Surveillance des communications internationales et incitation à une collaboration étroite avec les acteurs des nouvelles technologies (Google, Facebook, Skype etc.) dans le cas de suspicion de la préparation d’un acte terroriste.
  • Possibilité dans les mêmes cas d’intercepter en temps réel des informations sans passer par l’intermédiaire des fournisseurs d’accès (on se branche directement aux petits tuyaux des Internets).
  • Introduction du secret de la défense nationale pour les entreprises devant collaborer en vue d’une surveillance.
  • Conservation des enregistrements de 10 à 30 jours minimum et pouvant aller jusqu’à 5 ans.
  • Dans le cas d’interceptions de données chiffrées, c’est le moment où elles deviennent lisibles qui marque le décompte
  • Possibilité d’installer des mouchards dans l’habitat privé, dans le véhicule ou l’ordinateur (keyloggers), de localiser des individus et d’enregistrer tous types de conversations ou images à cette occasion (privées, confidentielles etc.)
  • Utilisation d’IMSI catchers pour récolter des informations sur les téléphones portables situés dans une zone donnée

Alors que les précédentes loi anti-terroristes n’ont toujours pas été complètement appliquées, Médiapart évoque déjà une volonté gouvernementale de s’attaquer au chiffrement des communication, dernière garantie d’une vie privée préservée. Il s’agirait d’exiger des acteurs du net que soient remises les clés de chiffrement.

Un projet qui provoque déjà de nombreuses oppositions

Si l’unité nationale semble animer les « représentants » du peuple, ça n’est heureusement pas le cas de nombreuses associations, personnalités et commissions:

« Il ne s’agit plus seulement d’accéder aux données utiles concernant une personne identifiée, mais de permettre de collecter de manière indifférenciée, un volume important de données qui peuvent être relatives à des personnes tout à fait étrangères à la mission de renseignement. »

La CNIL (Commission nationale Informatique et Libertés)

 

« Il ne suffit pas de répéter qu’il ne s’agit pas d’un Patriot Act à la française. Pour s’en assurer, il faut inclure de manière contraignante le principe selon lequel la surveillance de masse, généralisée et indifférenciée, est étrangère à l’Etat de droit ».

Godefroy Beauvallet, vice-président du CNNum (Conseil National du Numérique)

 

« Alors que la loi sur le renseignement était annoncée comme une grande loi permettant de protéger les droits fondamentaux, l’instrumentalisation sécuritaire des événements meurtriers de janvier risque d’aboutir à une incroyable dérive du gouvernement en matière de surveillance des citoyens. »

La Quadrature Du Net

 

[Ces nouveaux moyens sont] «tellement intrusifs qu’ils ne devraient pas être utilisés hors cadre judiciaire. Il est répété qu’il s’agit d’un encadrement, alors que le texte revient à entériner des pratiques des services au lieu de fixer des limites».

Laurence Blisson, Syndicat de la Magistrature

 

[La surveilance est] «beaucoup trop généralisée sur l’ensemble des individus : on ne peut pas surveiller l’ensemble d’une population sur un lieu donné. Cela pose de vrais problèmes en matière de respect de la vie privée».

Floran Borg, Syndicat des avocats de France

 

« Ces pouvoirs exorbitants se feront sans contrôle judiciaire. Ne mentons pas aux Français en présentant ce projet comme une loi antiterroriste. Il ouvre la voie à la généralisation de méthodes intrusives, hors du contrôle des juges judiciaires, pourtant garants des libertés individuelles dans notre pays. »

Marc Trevidic, juge antiterroriste

 

« Le gouvernement français va surveiller tout le monde avec un algorithme. Big Brother devient une réalité »

Tristan Nitot, Fondateur de Mozilla Europe

 

« Tous ces gens, demain, pourraient entrer chez vous, chez moi, en douce, avec de fausses clés, de jour comme de nuit, pour y placer de minuscules bidules afin de nous surveiller au sein de notre intimité. Avec, je le suppose, des instructions précises : si cela devient trop hard, prière de détourner les yeux. […]

 

Qui va décider que cette manif qui a dégénéré devient ou non de la compétence de la DGSI ? […]

 

Pour mémoire, après Mai-68, la DST, l’ancêtre de la DGSI, a reçu l’ordre de mettre une grande partie de ses moyens pour faire la chasse aux gauchos. C’était De Gaulle. En 1982, Mitterrand a créé son petit service antiterroriste perso pour protéger sa vie privée et faire le ménage autour de lui. En 2015…

 

La Révolution française définissait la loi comme une « protection de la liberté publique et individuelle contre l’oppression de ceux qui nous gouvernent. ». Ce n’était qu’utopie, mais de là à inverser le concept ! »

Georges Moréas, Commissaire honoraire de la Police Nationale

C’est sûr, il y a de quoi s’inquiéter pour demain…

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Aah ces fameux attentats de janvier! Tout le monde n’y aura pas perdu visiblement… Depuis ces événements, le gouvernement s’est refait un nom à coup d’unité nationale, de discours guerriers et de renforcement du contrôle de tous. Plan Vigipirate toujours à son niveau maximum, débats sur un Patriot Act à … Lire la suite

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L'article La censure d’Internet sans jugement, c’est maintenant a été publié sur Révolte Numérique

censure.fr

Aah ces fameux attentats de janvier! Tout le monde n’y aura pas perdu visiblement… Depuis ces événements, le gouvernement s’est refait un nom à coup d’unité nationale, de discours guerriers et de renforcement du contrôle de tous. Plan Vigipirate toujours à son niveau maximum, débats sur un Patriot Act à la française, contrôle des passagers aériens renforcé, débats sur la menace Internet, interpellations de mineurs supposés terroristes… Les idées fusent et les projets jugés anti-démocratiques il y a quelques mois sont aujourd’hui garants de notre salut. Tremblez jeunes gens! Nous sommes en guerre, et nous devons défendre nos libertés, quitte à se priver d’une partie d’entre elles.
Le 6 janvier 2015, la France faisait passer un décret autorisant la censure des sites présumés terroristes et pédophiles sans décision de justice. C’est le décret n° 2015-125 du 5 février 2015.

La censure administrative, un projet qui attendait depuis pas mal de temps

Pour celles et ceux qui suivent un peu l’actualité sur ces sujets, la censure sans consultation de la justice ressemble à un grand classique de la mesure inutile et pourtant dangereuse.

En 2011, la Loppsi 2 avait été votée par une droite particulièrement dure sur les questions du renforcement de la « sécurité » et de la restriction des libertés en ligne. C’est aussi l’année où l’on décida d’obliger les fournisseurs d’accès à Internet à conserver un bon paquet de traces relatives à notre navigation.

À l’époque, le parti socialiste semblait être très remonté face à cette politique. Au conseil constitutionnel, il estimait à propos du filtrage de la Loppsi 2:

« [que] ces dispositifs de filtrage de sites pédopornographiques sont absolument inefficaces, mais, qu’au contraire, ils contribuent à rendre encore plus difficile la répression de ce fléau, quand ils ne la découragent pas tout simplement »

 

Et pour montrer qu’ils avaient bien compris les dérives possibles du blocage par nom de domaine, les socialistes ajoutent:

« Or ce risque existe bien, […], puisque le blocage d’un contenu peut entraîner le blocage d’un site dans son ensemble »

 

En effet, cette technique qui ne retire pas les contenus mais en interdit seulement l’accès depuis une IP française, peut impacter tous les sites qui partagent le même nom de domaine.

À présent, le PS et François Hollande considèrent visiblement que leurs arguments contre la Loppsi 2 n’étaient que palabres gauchistes, et que c’est bien Nicolas Sarkozy qui adoptait la bonne stratégie concernant Internet. Intéressant…

Le plus « jouissif », c’est qu’à l’époque du blocage des sites pédopornographiques, l’UMP se défendait d’aller au-delà de ce type de contenus. Mais aujourd’hui, le PS ne semble pas s’encombrer de ces bonnes intentions, et envisage déjà de faire de même pour les « sites et messages de haine racistes ou antisémites » (discours de la ministre de la Justice Christiane Taubira à l’École Nationale de Magistrature).

Dans la circulaire du 12 janvier de Mme Taubira, une tentative de définition de l’apologie du terrorisme est proposée:

« [c’est un discours qui vise à] troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur »


NextImpact s’est amusé
à voir ce que cela pouvait englober, et ça risque d’être drôle!

« Cela concerne les atteintes volontaires à la vie, les atteintes volontaires à l’intégrité de la personne, l’enlèvement et la séquestration ainsi que le détournement d’avion, de navire ou de tout autre moyen de transport. S’y ajoutent les vols, les extorsions, les destructions, dégradations et détériorations, ainsi que le piratage informatique. On y range aussi les infractions en matière de groupes de combat et de mouvements dissous, les infractions en matière d’armes, de produits explosifs ou de matières nucléaires, le blanchiment ou certains délits d’initiés. »

 

Ce débat, loin d’être nouveau, avait pourtant déjà été entamé suite à la pénalisation de la consultation de sites terroristes par Nicolas Sarkozy après les assassinats de Toulouse et Montauban en 2012.

Des précédents et des conséquences peu engageants

Les dérives du filtrage ont déjà maintes fois été constatées, et pas uniquement par le blocage des DNS. En Angleterre, la volonté de censurer le porno avait réduit au silence un site d’aide aux femmes victimes de violences sexuelles. On pourrait encore se remémorer l’affaire Copwatch, ou observer le traitement ce mois-ci du site The Pirate Bay qui doit être lui aussi la cible d’un blocage, pour se faire une idée des adversaires couramment désignées par les pouvoirs publics.

Se rassurer en pensant que le procédé sera difficile à mettre en place sur des plateformes comme Facebook ou Twitter serait sans compter sur les volontés étatiques de substituer les lois nationales aux Conditions Générales d’Utilisation des entreprises. En effet, l’État envisage toutes les stratégies, notamment en les incitant à assurer ce rôle de censeur face aux « contenus incitant à la haine et à la terreur ».

À ceux qui considèrent que les luttes contre la pédopornographie et le terrorisme méritent bien quelques concessions, on ne pourra que rétorquer que la censure administrative ou privée ne s’est jamais cachée de viser bien plus loin que cela, et que c’est aussi contre le non respect du droit d’auteur que le filtrage d’Internet est bien souvent invoqué (voir notamment ACTA).

Quoi qu’il en soit, le contournement enfantin de ce type de blocage (avec un VPN, TOR, ou voir ici, ici, et là), ne pourra que complexifier les stratégies numériques des réels terroristes et renforcer leurs capacités à se développer discrètement.

Merci qui?

Édit du 15 mars: Le site islamic-news.info semble être le premier de la liste. Que la censure commence!

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Un an après, un bilan sur les écoutes de la NSA https://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/2014/06/12/un-an-apres-un-bilan-sur-les-ecoutes-de-la-nsa/ https://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/2014/06/12/un-an-apres-un-bilan-sur-les-ecoutes-de-la-nsa/#respond Thu, 12 Jun 2014 21:33:37 +0000 http://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/?p=4632 L'article Un an après, un bilan sur les écoutes de la NSA a été publié sur Révolte Numérique

Nous avons récemment « fêté » dans l’allégresse les un an des révélations Snowden sur la surveillance des canaux de communication opérée par la NSA. Depuis l’été 2013, les questions de vie privée et de surveillance des communications font désormais partie du paysage médiatique (bien plus qu’avant en tout cas), et les … Lire la suite

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L'article Un an après, un bilan sur les écoutes de la NSA a été publié sur Révolte Numérique

nsa_ecoutes

Nous avons récemment « fêté » dans l’allégresse les un an des révélations Snowden sur la surveillance des canaux de communication opérée par la NSA. Depuis l’été 2013, les questions de vie privée et de surveillance des communications font désormais partie du paysage médiatique (bien plus qu’avant en tout cas), et les discours portant sur la protection des données personnelles deviennent audibles.

Afin de ne pas en rester aux généralités et de pouvoir construire son argumentation sur des faits avérés, et non pas uniquement des vérités générales sur « big brother », un petit bilan de ce qui a été établi s’avère très instructif.

La stratégie du feuilletonnage choisie par Snowden et Greenwald est efficace en ce qui concerne le maintien de la pression sur les médias, mais elle n’influe malheureusement que très peu sur le côté indigeste de la masse de révélations proposées.

Framablog propose une traduction d’un récapitulatif de l’Electronic Frontier Foundation. J’ai toujours rêvé de faire ce bilan, mais la tâche est ardue. Donc, cela n’arrive que très rarement, mais là je vais le faire: un gros repompage d’article, un bon vieux copié-collé style DM de maths fait à la dernière minute. 😉 (mais c’est l’autre qui avait copié en premier m’sieur jvous jure!)

 


65 choses sur la surveillance par la NSA que nous savons maintenant mais que nous ignorions il y a un an

Article original sur le site de l’Electronic Frontier Foundation

par Nadia Kayyali et Katitza Rodriguez

Traduction Framalang : hack, Diab, teromene, r0u, Thérèse, goofy, mrtino

Voilà un an que le journal The Guardian a publié pour la première fois le Foreign Intelligence Surveillance Court order, révélé par Edward Snowden, ex-sous-traitant de la NSA. Le document démontrait que la NSA avait mené des opération de surveillance généralisée sur des millions de personnes innocentes. Depuis lors, toute une vague de révélations choquantes, de divulgations, d’aveux partiels des autorités gouvernementales, d’appels aux lois qui garantissent la liberté de l’information, et de poursuites judiciaires, a déferlé sans interruption. Pour l’anniversaire de cette première révélation, voici 65 choses sur la surveillance par la NSA que nous savons maintenant mais que nous ignorions il y a un an.

1. Nous avons vu un exemple des décisions de justice qui autorisent la NSA à récolter potentiellement tout appel téléphonique aux USA – ce qui veut dire qui vous appelez, qui vous appelle, quand, pendant combien de temps et quelquefois même où.

2. Nous avons découvert les diaporamas en Powerpoint de la NSA qui détaillent comment est menée la récolte « en amont », par la collecte d’informations captées directement dans l’infrastructure des opérateurs de télécoms.

3. La NSA a conçu une vaste « drague du Web » en s’assurant qu’elle peut intercepter non seulement les communications d’une cible lorsqu’elle fait partie d’une communication mais aussi celles qui « concernent une cible, même si la personne ciblée ne participe pas à une communication ».

4. La NSA a confirmé qu’elle recherche des données collectées selon les clauses de la section 702 des amendements à la FISA (FISA Amendments Act) pour avoir accès sans mandat aux communications des citoyens des USA, grâce à ce que le sénateur Ron Wyden a appelé « le vide juridique de la recherche via porte dérobée ».

5. Même si la NSA a déclaré de façon répétée qu’elle ne ciblait pas les citoyens des États-Unis, ses propres documents montrent que les fouilles de données menées sous l’égide de la section 702 sont conçues pour déterminer avec un degré de confiance de 51% seulement si la cible est étrangère.

6. Si la NSA n’établit pas l’origine étrangère d’une cible, elle ne va pas arrêter d’espionner cette cible pour autant. Au lieu de ça, la NSA va présumer que la cible est étrangère tant qu’elle ne peut être « identifiée positivement comme une personne des États-Unis ».

7. Un audit interne de la NSA révélé par une fuite a donné les détails de 2776 violations de règles ou de décisions judiciaires en une seule année.

8. Les hackers de la NSA ciblent les administrateurs systèmes, indépendamment du fait que ces administrateurs systèmes peuvent eux-mêmes être totalement innocents de tout acte répréhensible…

9. La NSA et la CIA ont infiltré des communautés de jeu en ligne comme World of Warcraft et Second Life pour récolter des données et mener leur surveillance.

10. Le gouvernement a détruit des preuves dans des procès pour espionnage intentés par l’EFF contre la NSA. Comble de l’ironie, le gouvernement a également prétendu que les clients de l’EFF avaient besoin de ces preuves pour établir la recevabilité de leur plainte.

11. Le directeur du renseignement national, James Clapper, a menti au Congrès lorsqu’il a été interrogé directement par le sénateur Ron Wyden pour savoir si la NSA était en train de rassembler des données de quelque nature que ce soit sur des millions d’habitants des USA.

12. Microsoft, comme d’autres sociétés, a collaboré étroitement avec le FBI afin de permettre à la NSA de « contourner le chiffrement pour avoir accès aux données des utilisateurs ».

13. Pendant la seule année 2013, le budget du renseignement était de 52,6 milliards de dollars — ce chiffre a été révélé par la fuite d’un document, et non par le gouvernement. Sur ce budget, 10,8 milliards de dollars ont été attribués à la NSA. Cela équivaut approximativement à 167 dollars par personne résidant aux Etats-Unis.

14. La Cour fédérale de la surveillance et du renseignement (Foreign Intelligence Surveillance Court) a rendu des décisions qui autorisent la NSA à partager des données brutes — non expurgées des informations permettant d’identifier les personnes — avec le FBI, la CIA et le Centre national de lutte antiterroriste (National Counterterrorism Center).

15. Conformément à un protocole d’accord (memorandum of understanding), la NSA partage régulièrement des données brutes avec Israël sans en expurger les informations personnelles permettant d’identifier les citoyens des USA.

16. Les divulgations de Snowden ont montré clairement que l’administration Obama avait induit la Cour suprême en erreur à propos de questions clés dans le procès intenté par l’ACLU à la NSA pour espionnage, Clapper v. Amnesty International, ce qui a conduit à un renvoi de l’affaire pour manque de preuves.

17. La NSA « a pénétré le système de communication interne d’Al Jazeera ». Les documents de la NSA font état de ce que « les cibles sélectionnés avaient un “fort potentiel en tant que sources de renseignement” ».

18. La NSA a utilisé des cookies soi-disant anonymes de Google comme balises de surveillance, aidant ainsi à pister les utilisateurs individuels.

19. La NSA « intercepte “des millions d’images par jour” – dont environ 55 000 “images de qualité suffisante pour la reconnaissance faciale” » et les traite avec de puissants logiciels de reconnaissance faciale.

20. Le programme de reconnaissance faciale de la NSA « peut maintenant comparer les photos des satellites d’espionnage avec les photos personnelles interceptées prises en extérieur, pour déterminer leur localisation ».

21. Bien que la réforme de la NSA se soit essentiellement focalisée sur la Section 215 du PATRIOT Act, et que la plupart des magistrats aient également poussé à réformer la Section 702 du FISA Amendments Act, certains des pires espionnages de la NSA ont été effectués conformément au décret 12333, que le président Obama pourrait abroger ou modifier dès aujourd’hui.

22. La NSA a collecté les informations de localisation des téléphones mobiles des citoyens des USA durant deux ans sous couvert d’un projet pilote ayant pour but de voir comment pourraient être analysées de telles informations dans ses énormes bases de données.

23. Au cours du seul mois de mars 2013, la NSA a rassemblé 97 milliards de renseignements en provenance de réseaux informatiques du monde entier, dont 3 milliards de renseignements des réseaux propres aux USA.

24. La NSA a ciblé Tor, un ensemble d’outils qui permet aux internautes de naviguer sur le net de manière anonyme.

25. Le programme MUSCULAR de la NSA infiltre des liens entre les data centers mondiaux des sociétés technologiques comme Google et Yahoo. De nombreuses sociétés ont répondu à MUSCULAR en chiffrant le trafic sur leur réseau interne.

27. Le programme XKEYSCORE analyse les courriers électroniques, les conversations en ligne et l’historique de navigation de millions de personnes n’importe où dans le monde.

28. À travers BULLRUN, la NSA sabote les outils de chiffrement auxquels se fient les utilisateurs ordinaires, les entreprises et les institutions financières, cibles ou non, dans un effort sans précédent visant à affaiblir la sécurité des utilisateurs d’Internet, vous y compris.

28. L’opération Dishfire a collecté 200 millions de textos par jour à travers le globe, qui peuvent être utilisés pour extraire des informations intéressantes sur vous : localisation, contacts, données de carte de crédit, appels manqués, alertes d’itinérance (qui indiquent que vous franchissez une frontière), cartes de visite électroniques, informations sur vos paiements par carte, alertes aux voyageurs, et renseignements sur vos réunions.

29. À travers l’opération CO-TRAVELER, les États-Unis collectent des informations de localisation provenant de relais de téléphonie mobile GSM, d’émetteurs Wi-Fi et de concentrateurs GPS, qui sont ensuite analysées en fonction du temps pour déterminer entre autres avec qui une cible voyage.

30. Un mémo de 2004 intitulé DEA – The “Other” Warfighter (DEA – « l’autre » combattant) montre que la NSA et la DEA « profitent d’échanges réciproques d’information ».

31. Quand la DEA agit sur les renseignements que sa division « Opérations spéciales » reçoit de la NSA, ils cachent la source de l’information à travers une « construction parallèle », une mascarade recréant une enquête imaginaire destinée à cacher la source de l’indice, non seulement au défenseur, mais à la Cour. Il s’agit de faire en sorte qu’aucun tribunal ne rende de décision sur la légalité ou la finalité de l’usage qui sont faits des données de la NSA dans les enquêtes ordinaires.

32. Le produit de la surveillance de la NSA finit régulièrement entre les mains de l’IRS (NdT : le fisc des États-Unis). Tout comme la DEA, l’IRS utilise la « construction parallèle » pour dissimuler l’origine de l’indice.

33. Même le Conseil de surveillance de la vie privée et des libertés civiles (Privacy and Civil Liberties Oversight Board), dont les membres sont triés sur le volet par le président des États-Unis, a recommandé que le gouvernement fasse cesser la collecte massive des enregistrements téléphoniques autorisée par la section 215 [NdT : du PATRIOT Act], cette collecte étant inefficace, illégale, et probablement anticonstitutionnelle.

34. La NSA a des projets pour infecter potentiellement des millions d’ordinateurs en y implantant des malwares dans le cadre du programme Tailored Access Operations (opérations d’accès personnalisé).

35. La NSA a eu un contrat secret de 10 millions de dollars avec la société de sécurité RSA pour créer une « porte dérobée » dans ses produits de chiffrement, largement utilisés par les entreprises.

36. « Dans le cadre d’une proposition visant à salir la réputation de ceux dont l’agence pense que les discours incendiaires radicalisent les autres », la NSA a surveillé leurs accès aux contenus pornographiques et rassemblé d’autres informations d’ordre explicitement sexuel.

37. La NSA et ses partenaires exploitent les applications mobiles, comme le jeu populaire Angry Birds, pour accéder à des informations privées sur les utilisateurs comme la localisation, l’adresse personnelle, le genre, et plus encore.

38. Le Washington Post a révélé que la NSA récolte « des centaines de millions de carnets d’adresses provenant de comptes personnels de courriel ou de messagerie instantanée du monde entier, dont beaucoup sont des citoyens des USA ».

Beaucoup de révélations de Snowden ont concerné les activités de la NSA à l’étranger, ainsi que les activités de certains des plus proches alliés de la NSA, comme son homologue britannique le GCHQ. Certaines de ces activités ont été des entreprises coopératives. En particulier, les « Cinq Yeux » – les États-Unis, la Nouvelle Zélande, l’Australie, le Royaume-Uni et le Canada – se communiquent mutuellement les données concernant leurs citoyens, constituant ainsi des failles susceptibles de saper la législation nationale.

39. La NSA a versé à son homologue britannique, le GCHQ, 155 millions de dollars ces trois dernières années « pour sécuriser l’accès aux programmes de collecte du renseignement britannique et les influencer ».

40. The Guardian a rapporté ceci : « Sur une période de six mois en 2008, [le GCHQ] a collecté les l’images de webcam – y compris une quantité importante de communications explicitement sexuelles – de plus d’1,8 millions de comptes utilisateurs Yahoo à l’échelle mondiale. »

41. Le GCHQ a utilisé des logiciels malveillants pour compromettre des réseaux appartenant à l’entreprise belge de télécommunications Belgacom.

42. Les principales entreprises de télécommunications, y compris BT, Vodafone, et Verizon business ont fourni au GCHQ un accès illimité à leurs câbles de fibre optique.

43. Le GCHQ a utilisé des attaques DDoS et autres méthodes pour interrompre les communications des Anonymous et de LulzSec, y compris les communications de personnes qui n’étaient accusées d’aucun délit.

44. La station Bude du GCHQ a surveillé des dirigeants de l’Union européenne, de l’Allemagne et d’Israël. Elle a également ciblé des organisations non gouvernementales comme Médecins du monde.

45. Partenaires de la NSA aux antipodes, les services de l’Australian Signals Directorate, ont été impliqués dans des violations de communications entre avocat et client couvertes par le secret professionnel, remettant en question un principe fondamental de notre système de justice pénal commun.

46. Les agents du renseignement australien ont espionné les téléphones mobiles du cabinet ministériel indonésien et du président Susilo Bambang.

47. En 2008, l’Australie a offert de partager les données brutes concernant ses citoyens avec ses partenaires du renseignement.

48. Le CSEC a aidé la NSA à espionner les dirigeants politiques durant le sommet du G20 au Canada.

49. Le CSEC et le CSIS ont été récemment réprimandés par le juge d’une cour fédérale pour l’avoir induit en erreur dans une demande de réquisition faite il y a 5 ans, à propos de l’utilisation des ressources des Cinq Yeux pour pister les Canadiens à l’étranger.

Ironie du sort, certaines opérations de la NSA ont ciblé des pays qui avaient collaboré directement avec l’agence en d’autres circonstances. Et certaines semblaient simplement non indispensables et disproportionnées.

50. Les documents de la NSA montrent que tous les gouvernements ne sont pas transparents sur leur propre niveau de coopération avec la NSA. Comme le rapporte The Intercept : « Peu de dirigeants élus ont connaissance de cet espionnage, voire aucun ».

51. La NSA intercepte, enregistre et archive chaque communication de téléphone mobile des Bahamas.

52. La NSA a surveillé les communications téléphoniques d’au moins 35 chefs d’États.

53. La NSA a espionné des diplomates français à Washington et aux Nations Unies.

54. La NSA a piraté les réseaux de l’entreprise chinoise Huawei et volé les sources de son code.

55. La NSA a posé des mouchards dans les ambassades de l’Union européenne à New York et à Washington. Elle a copié des disques durs dans les bureaux de l’UE à New York, et a mis sur écoute le réseau informatique interne des ambassades de Washington.

56. La NSA a collecté les métadonnées de plus de 45 millions d’appels téléphoniques italiens sur une période de 30 jours. Elle a également entretenu des stations de surveillance à Rome et à Milan.

57. La NSA a stocké les données d’approximativement 500  millions de connexions des systèmes de communication allemands chaque mois.

58. La NSA a collecté les données de plus de 60 millions d’appels téléphoniques espagnols sur une période de 30 jours, fin 2012 et début 2013, et a espionné des membres du gouvernement espagnol.

59. La NSA a collecté les données de plus de 70 millions d’appels téléphoniques français sur une période de 30 jours, fin 2012 et début 2013.

60. The Hindu, sur la base de documents de la NSA, a rapporté que « Sur une liste exhaustive des pays espionnés par les programmes de la NSA, l’Inde est en cinquième place. »

61. La NSA a pénétré le compte officiel de courriel de l’ancien président mexicain Felipe Calderon.

62. D’après The Guardian : « La NSA a, pendant des années, systématiquement écouté le réseau des télécommunications brésiliennes et et a intercepté, collecté et stocké sans discrimination les courriels et enregistrements téléphoniques de millions de Brésiliens ».

63. La NSA a surveillé les courriels, les appels téléphoniques et les textos de la présidente brésilienne Dilma Rousseff et de ses plus proches collaborateurs.

64. Les agences du renseignement allemand ont coopéré avec la NSA et ont implémenté le programme de la NSA XKeyscore, tandis que la NSA était en train d’espionner les dirigeants allemands.

65. Le quotidien norvégien Dagbladet a rapporté que la NSA a acquis des données sur 33 millions d’appels de téléphones mobiles norvégiens sur une période de 30 jours.

Il ne fait aucun doute que les relations internationales qu’Obama s’était engagé à restaurer, de même que la confiance du peuple des États-Unis dans le respect de sa vie privée et de ses droits constitutionnels, ont été sapées par la surveillance tous azimuts de la NSA. Mais un an après, le gouvernement des USA aussi bien que les gouvernements d’autres pays n’ont pas pris les mesures nécessaires pour faire en sorte que cette surveillance cesse. C’est pourquoi chacun doit se mobiliser – contactez votre député, rejoignez Reset the Net, et apprenez comment la loi internationale s’applique à la surveillance états-unienne aujourd’hui.

Toutes les images sous licence CC BY 2.0, par EFF, JeepersMedia et Richard Loyal French.

Source de la traduction: Framablog

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Écoutes de la NSA: Glenn Greenwald passe par la France (vidéo) https://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/2014/05/28/ecoutes-de-la-nsa-glenn-greenwald-passe-par-la-france/ https://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/2014/05/28/ecoutes-de-la-nsa-glenn-greenwald-passe-par-la-france/#respond Wed, 28 May 2014 15:28:21 +0000 http://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/?p=4559 L'article Écoutes de la NSA: Glenn Greenwald passe par la France (vidéo) a été publié sur Révolte Numérique

À l’occasion de la sortie de son livre Nulle part où se cacher, Glenn Greenwald, l’un des journalistes à l’origine des premières révélations concernant les écoutes mondiales de la NSA, était de passage à Paris les 27 et 28 mai 2014. Depuis un an, les informations se succèdent, et dessinent … Lire la suite

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L'article Écoutes de la NSA: Glenn Greenwald passe par la France (vidéo) a été publié sur Révolte Numérique

greenwald

nulle partÀ l’occasion de la sortie de son livre Nulle part où se cacher, Glenn Greenwald, l’un des journalistes à l’origine des premières révélations concernant les écoutes mondiales de la NSA, était de passage à Paris les 27 et 28 mai 2014.

Depuis un an, les informations se succèdent, et dessinent un monde tout à fait nouveau, dans lequel le rapport aux technologies de l’information et de la communication a radicalement changé pour une partie grandissante des individus.

Un large débat sur ces technologies est aujourd’hui urgent, et il est vital que chacun d’entre nous entame un travail de réappropriation des outils numérique, si tant est que cela soit toujours possible en l’état.

Pour alimenter ce débat, je vous propose de revoir et de réécouter les interventions de Glenn Greenwald au journal Le Monde et à France Culture.

Enfin, vous pouvez vous procurer le livre du journaliste aux éditions JC Lattès pour un prix éditeur de 20€. Nul doute que sa lecture s’annonce très instructive.

Lecture à caler à 71minutes pour le début de l’émission. (lien externe)

Grand entretien avec Glenn Greenwald… by lemondefr


Glenn Greenwald : « le terrorisme est un prétexte » by lemondefr

Glenn Greenwald : « grâce aux métadonnées, on… by lemondefr


Glenn Greenwald : “les Etats Unis ont peur que… by lemondefr


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Greenwald : « l’histoire la plus explosive, c… by Europe1fr

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Comment et pourquoi la NSA peut vous écouter (vidéo) https://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/2014/03/19/comment-et-pourquoi-la-nsa-peut-vous-ecouter-video/ https://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/2014/03/19/comment-et-pourquoi-la-nsa-peut-vous-ecouter-video/#respond Wed, 19 Mar 2014 13:15:52 +0000 http://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/?p=4433 L'article Comment et pourquoi la NSA peut vous écouter (vidéo) a été publié sur Révolte Numérique

Voici une petite vidéo publiée par Le Monde sur les objectifs et le fonctionnement de la surveillance de la NSA, mais du point de vue de Monsieur et Madame « tout le monde ». L’une des nœuds du débat sur la question s’articule autour de l’affirmation « je n’ai rien à cacher ». L’acceptation … Lire la suite

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prism_patate

Voici une petite vidéo publiée par Le Monde sur les objectifs et le fonctionnement de la surveillance de la NSA, mais du point de vue de Monsieur et Madame « tout le monde ». L’une des nœuds du débat sur la question s’articule autour de l’affirmation « je n’ai rien à cacher ». L’acceptation ou non de la grande curiosité des États relève de l’éthique et il n’est pas aisé de trouver un consensus systématiquement. Mais il me semble que cette phrase tournant en boucle systématiquement peut parfois aussi servir de repoussoir, et être utilisée pour s’auto-convaincre que de toute façon nos propres données ne peuvent être concernées.

Cette petite vidéo montre donc de façon très simple comment nous pouvons devenir très rapidement « intéressants » pour la NSA. Le fonctionnement de XKeyscore et de PRISM sont ici explicités, et permettront sans doute de concerner un peu plus de personnes à ce vaste débat qui n’en finit plus tant les révélations s’enchaînent chaque semaine.

Comment la NSA vous espionne (expliqué en patates) by lemondefr

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Affaire Bluetouff et surveillance: interview de Me Iteanu https://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/2014/03/15/affaire-bluetouff-et-surveillance-interview-de-me-iteanu/ https://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/2014/03/15/affaire-bluetouff-et-surveillance-interview-de-me-iteanu/#respond Sat, 15 Mar 2014 13:43:41 +0000 http://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/?p=4387 L'article Affaire Bluetouff et surveillance: interview de Me Iteanu a été publié sur Révolte Numérique

Beaucoup d’entre vous en ont probablement entendu parler, l’affaire Bluetouff a quelque peu remué la blogosphère et même la presse internationale. Suite à une requête du type « filetype:pdf Confidentiel » sur Google (trad: je souhaite afficher des documents pdf comprenant le mot « confidentiel » dans mes résultats), le journaliste de Reflets.info est … Lire la suite

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google_hacking

Beaucoup d’entre vous en ont probablement entendu parler, l’affaire Bluetouff a quelque peu remué la blogosphère et même la presse internationale. Suite à une requête du type « filetype:pdf Confidentiel » sur Google (trad: je souhaite afficher des documents pdf comprenant le mot « confidentiel » dans mes résultats), le journaliste de Reflets.info est tombé sur des documents visiblement censés être stockés sur un intranet de l’ANSES (organisme national dans le domaine de la santé). Le hic, ceux-ci ont été involontairement laissés en libre accès. Celui-ci a donc été mis en accusation, et après avoir été relaxé, est passé en Appel.

Les retours de cet Appel ont souligné le surréalisme de la situation: lorsque Google se prononçait « gogleu », login « lojin », et que cliquer sur un lien dans le moteur de recherche Google pouvait avoir des conséquences sur les vies humaines. Les compétences de la cours ont visiblement été un poil en dessous de celui d’un élève de 6e, mais qu’importe, l’accusé se voit aujourd’hui obligé d’aller en Cassation pour éviter 2 ans de prison et 30 000€ d’amende.

Maître Iteanu, son avocat, revient sur l’affaire, mais également sur les affaires relatives à la surveillance qui se multiplient depuis un an. Ça cause donc de NSA, PRISM, Google et Facebook, mais aussi de la fameuse loi de programmation militaire  voté par le gouvernement « socialiste » il y a peu, déjà comparée au Patriot Act américain.

Source: Thinkerview

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Reclaim your privacy: une vidéo sur la surveillance de la NSA https://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/2014/02/11/reclaim-our-privacy-une-video-sur-la-surveillance-de-la-nsa/ https://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/2014/02/11/reclaim-our-privacy-une-video-sur-la-surveillance-de-la-nsa/#comments Tue, 11 Feb 2014 22:40:37 +0000 http://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/?p=4365 L'article Reclaim your privacy: une vidéo sur la surveillance de la NSA a été publié sur Révolte Numérique

La Quadrature du net a publié ce mardi 11 février une vidéo financée par les internautes et ayant pour ambition de sensibiliser le grand public à la question de la surveillance de masse. Depuis cet été, cette surveillance remplit quotidiennement les colonnes des journaux (et sites web). Plus de 6 … Lire la suite

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La Quadrature du net a publié ce mardi 11 février une vidéo financée par les internautes et ayant pour ambition de sensibiliser le grand public à la question de la surveillance de masse.

Depuis cet été, cette surveillance remplit quotidiennement les colonnes des journaux (et sites web). Plus de 6 mois après les révélations de l’ancien employé de la NSA Edward Snowden sur les agissements de son employeur, les affaires s’empilent et donnent le vertige.

De très nombreux programmes pensés par l’agence ont aujourd’hui été découverts, et il semblerait qu’il faille envisager la possibilité que toute communication puisse être captée par les renseignements américains.
La collaboration plus ou moins active de nombreux pays européens discréditent largement les larmoiements de certains grand-e-s dirigeant-e-s de l’Union, et laissent les internautes de base bien démuni-e-s devant leur clavier.

Autre enseignement qui ressort de cette affaire: c’est aussi grâce à la collecte de données massive opérée par les géants américains de l’informatique (Google, Facebook, Apple, Microsoft…), et les bases de données centralisées qu’ils ont constituées, que la NSA n’a eu qu’à se baisser pour se servir et mettre à jour ses fichiers. Nos banales pratiques quotidiennes ont donc à leur échelle également favorisé cette surveillance.

C’est dans cette optique que la Quadrature du net (et d’autres bien sûr!) mettent l’accent sur trois éléments fondamentaux permettant d’assainir nos usages numériques:

  • L’utilisation de services décentralisés (comme le p2p)
  • La chiffrement de point à point (ex GPG pour les mails, OTR pour le chat…)
  • L’utilisation de logiciels libres (dont on peut comprendre le fonctionnement et vérifier les failles de façon collaborative et indépendante)

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Cliquez sur l’image pour accéder à la vidéo
Licence: CC-BY-SA

Une partie de la solution est entre nos mains, donc au boulot! 😉

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Un spécial investigation sur le Big Data et la surveillance https://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/2014/02/08/un-special-investigation-sur-le-big-data-et-la-surveillance/ https://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/2014/02/08/un-special-investigation-sur-le-big-data-et-la-surveillance/#respond Sat, 08 Feb 2014 15:20:48 +0000 http://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/?p=4357 L'article Un spécial investigation sur le Big Data et la surveillance a été publié sur Révolte Numérique

L’émission de Canal + a récemment diffusé un reportage sur le Big Data (la collecte et l’analyse de données à grande échelle), et la surveillance privée et étatique. Pour toutes les personnes qui sont déjà un peu sensibilisées à la question et même celles qui n’en savent rien, je vous … Lire la suite

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L'article Un spécial investigation sur le Big Data et la surveillance a été publié sur Révolte Numérique

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L’émission de Canal + a récemment diffusé un reportage sur le Big Data (la collecte et l’analyse de données à grande échelle), et la surveillance privée et étatique.

Pour toutes les personnes qui sont déjà un peu sensibilisées à la question et même celles qui n’en savent rien, je vous conseille de jeter un œil sur cet excellente émission.

Au menu sont abordés:

  • La collecte d’information par les géants du web dans une optique publicitaire, utilisant traces d’achats, géolocalisation et données sociales
  • La prédiction à l’aide des algorithmes et du Big Data dans le domaine du sport, de la politique, de la prévention du crime etc.
  • La vidéo surveillance
  • Le lien entre collecte à des fins publicitaires et l’utilisation étatique des données
  • …


Special Investigation Big Data Les Nouveaux… by chat21590

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Sur le hoax de la France comme « victime de la surveillance des USA » https://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/2013/11/27/sur-le-hoax-de-la-france-comme-victime-de-la-surveillance-des-usa/ https://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/2013/11/27/sur-le-hoax-de-la-france-comme-victime-de-la-surveillance-des-usa/#comments Wed, 27 Nov 2013 18:52:43 +0000 http://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/?p=4300 L'article Sur le hoax de la France comme « victime de la surveillance des USA » a été publié sur Révolte Numérique

Alors que plusieurs mois se sont écoulés depuis les révélations d’Edward Snowden sur la surveillance mondiale de la NSA, le silence médiatique sur le rôle de la France dans cette affaire, et la stratégie similaire qu’elle déploie de son côté, installe un malaise renforcé par le contraste observé entre ce … Lire la suite

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L'article Sur le hoax de la France comme « victime de la surveillance des USA » a été publié sur Révolte Numérique

ouinousscannons

Alors que plusieurs mois se sont écoulés depuis les révélations d’Edward Snowden sur la surveillance mondiale de la NSA, le silence médiatique sur le rôle de la France dans cette affaire, et la stratégie similaire qu’elle déploie de son côté, installe un malaise renforcé par le contraste observé entre ce mutisme et la gravité de la situation.

Surfer sur un certain anti-américanisme français

Que l’on ne me fasse pas dire ce qui n’a pas été prononcé, je ne prétends pas qu’il n’y ait pas une influence non négligeable et consentie des États-Unis sur la France à tous les niveaux, et qu’il n’y ait pas également une certaine admiration de ce qu’ils représentent ici. Cependant, cet amour vache repose aussi sur un anti-américanisme diffus chez beaucoup d’entre nous, et décliné en autant de versions qu’il peut y avoir de points de vues (ex: « l’Amérique impéraliste, ultra-libérale, arrogante »; jusqu’aux plus gignolesques « l’Amérique du complot, des maçons ou des juifs ».

Au-delà de la pertinence ou non de telles postures, il est évident qu’ajouté à une bonne dose de patriotisme bien de chez nous, l’argument de l’Amérique menaçante permet de présager un amalgame au niveau de la réception, et un alignement de toutes ces positions critiques derrière un chauvinisme hexagonal. Lorsque cela se révèle pratique en terme de communication, rien ne vaut un peu d’anti-américanisme, histoire de rappeler qu’on est quand même biens chez nous, et espérer convaincre tout à la fois les chauvins et les critiques progressistes de la domination réelle des États-Unis. Beaucoup de médias ne s’y sont pas trompés, et ont effectivement relayé ce hoax de la France blanche colombe.

not-meEt c’est un peu ce qu’il s’est joué ici lors du traitement de « l’affaire Snowden ». La France présentée comme une malheureuse victime du pouvoir tentaculaire de la NSA, s’en sont suivis des déclarations outrées de la presse jusqu’au plus haut niveau de l’État. Ainsi, nous étions censés nous réfugier dans un patriotisme protectionniste et espérer une réaction forte de la patrie des droits de l’Homme et de l’Europe pour dénoncer tout cela, développer nos propres infrastructures pour enfin sortir du joug des États-Unis, horribles pourfendeurs de la liberté d’expression et de la vie privée en ligne.

Certains discours ont même pu présenter cela comme une nécessité pour l’indépendance stratégique militaire (exit toute possibilité de critique de la légitimité de la France à continuer ses guerres néo-coloniales un peu partout dans le monde), ou économique (pleurons nos pauvres entreprises françayses qui vont à nouveau devoir bagarrer pour  être compétitives, productives et continuer leur marche vers la destruction des acquis sociaux des salariés. Lorsqu’il s’agit de défendre la nation, pas de place pour la controverse!

Et pourtant, le scandale n’a pas dû surprendre tout le monde

Premièrement, que les États-Unis espionnent le monde, on ne peut pas vraiment dire que ce soit un scoop, et je peine à croire que François Hollande et les journalistes des grands médias qui ont joué ce numéro d’effarouchés aient pu ignorer des programmes d’écoute massives des communications mondiales comme ECHELON. J’ai également des réticences à laisser ma naïveté prendre le dessus, et à considérer que le Patriot Act, lequel donne les pleins pouvoirs à l’État américain en terme de saisie des données de communication, ait pu être méconnu par ces personnes. En creusant ne serait-ce qu’un peu (pas trop), on aurait pu comprendre que non seulement les américains étaient potentiellement visés, mais également les utilisateurs des services américains en ligne, c’est à dire aussi des français (disons 90% rien que par Google via son moteur de recherche et Facebook).
Il aurait donc fallu avaler un « keuuwa?? On écoute les français? La surveillance d’État est complètement la norme aux États-Unis et ce depuis au moins le 11 septembre?? ».

Un scandale qui en fait rend plutôt mal à l’aise les co-responsables

Mais ce qui est le plus drôle dans cette histoire, c’est certainement la véritable nature de la relation France-USA dans cette histoire de surveillance (celle du complot judéo-islamo-illuminato-maçonnique gnark gnark 😉 ). Hum!

Un papier du Süddeutsche Zeitung allemand basé sur l’analyse des documents révélés par Snowden a ouvert la voie vers un autre type d’analyse de la question, nous dirigeant davantage vers une collaboration entre les deux pays, que vers un simple coup par derrière de nos « amis » yankees. En effet, un accord nommé LUSTRE aurait été passé depuis des années, et permettant un échange entre les services de renseignement de la France et des « Five Eyes »  (USA, Royaume-Uni, Nouvelle-Zélande, Canada, Australie).

François Hollande n’était donc aucunement surpris lorsqu’il affirme avoir passé un coup de fil à Barack Obama pour se plaindre de ces pratiques. Nicole Bricq nous l’a brillamment rappelé en précisant qu’un rapport avait été demandé à Claude Revel, déléguée interministérielle à l’intelligence économique dès le début du mandat d’Hollande, et remis en janvier 2013. La même Mme Bricq nous rappelait par la même occasion que nous étions biens cons d’être si naïfs sur le potentiel de surveillance de la France. Merci de rétablir cette vérité chère Ministre.

 

Alors certes la Ministre tente de préciser plusieurs fois qu’elle parle d’intelligence économique, ce qui diffère de la question surveillance de la population. Mais mis dans la balance avec l’affaire PRISME, on ne peut s’empêcher de penser que cette nuance entrecoupée d’hésitations constitue une garantie un peu légère au discours prétendant que la France n’observe pas les mêmes pratiques. Sinon, en quoi serait-ce une arme de défense face à la surveillance des États-Unis, qui elle concerne ouvertement l’ensemble des communications? De plus, en quoi la surveillance dans le cadre de l’intelligence économique serait-elle plus « morale »?

Lorsqu’on parle interception des communication, la politique néo-coloniale de la France en la matière la place de plus en position France Telecom ACE Karte PNGd’interlocuteur privilégiée. Le site Reflet.info souligne pour illustrer cela l’importance du réseau français dans la surveillance du continent africain, lequel échappe en grande partie à la celle des États-Unis. D’où l’intérêt pour ces derniers d’accords comme LUSTRE.

Une épidémie d’amnésie

Il semblerait de même que les esprits se soient bien vite accommodés de la perte du pouvoir de l’UMP. Quelques mois auparavant, certains (au PS aussi mais on ne peut pas dire qu’ils étaient légion), dénonçaient l’affaire Bull-Amesys, impliquant l’État au plus au niveau dans la vente de systèmes de surveillance à grande échelle, et ce à des pays pas toujours très très démocratiques.

Aujourd’hui, plus rien, bien que le business continue et implique toujours le pouvoir, même après l’alternance. Le site Reflets.info (encore eux), rappelle notamment la place de conseillère du roi Mohammed VI qu’occupait Najat Vallaud-Belkacem au Conseil de la Communauté Marocaine à l’Étranger. Et alors? Rappelons que le Maroc a lui aussi eu la joie de recevoir son système d’interception des communications made in France, et ce après que les révélations du scandale Bull-Amesys ait été publiées. Bien entendu, comme en Libye, le système ne sert qu’à traquer les pédophiles et non les opposants politiques.

Sur son propre territoire, l’État français n’est pas en reste non plus

Là encore, il serait fastidieux de lister tous les cas et dispositifs de surveillance de la population en France. Mais pour les derniers, citons par exemple PERGAM, une expérimentation de géolocalisation des téléphones complètement illégale et pourtant testée par l’Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l’information et de la communication (OCLCTIC). Il aurait été utilisé par la police pendant 2 mois entre le 7 novembre 2012 et le 11 janvier 2013. Celui-ci a été débranché suite à la visite des locaux par Manuel Valls et Fleur Pellerin, car visiblement hors du contrôle de l’État. Mais combien d’autres expériences de ce type sont-elles encore menées? Combien finiront-elles par être légalisées?

En juillet, Le Monde parlait aussi de pratique similaires à celles de la NSA de la part de la DGSE, mais concernant les méta-données et non le contenu des communications. On notera que cela est présenté comme un complément des enquêtes de terrain. Ouf! Il y a surveillance mais on vérifie derrière! Pourtant, beaucoup s’accordent sur le fait que le contenu des communications n’est pas toujours plus important que ces fameuses métadonnées (qui parle avec qui, quand, à quelle fréquence), lorsqu’il s’agit de cartographier les réseaux de communication.

Déjà, le journal supposait un accès élargi ne concernant pas la seule surveillance des terroristes. Lien ou pas, la loi de programmation militaire qui est discutée ces jours-ci à l’assemblée nationale laisse envisager une législation plus permissive de l’écoute en temps réel des communication (et ce sans contrôle judiciaire), et une collaboration des fournisseurs d’accès à Internet et des producteurs de contenus, incluant ainsi les ministères de la défense, de l’intérieur, de l’économie et du budget. Motif:

“la sécurité nationale, la sauvegarde des éléments essentiels du potentiel scientifique et économique de la France, ou la prévention du terrorisme, de la criminalité et de la délinquance organisée (…)”

Il serait alors également possible d’obtenir des informations sur les personnes ayant en leur possession un système vulnérable (windosiens, unissez-vous):

« Art. L. 2321-3. – Pour les besoins de la sécurité des systèmes d’information de l’État et des opérateurs mentionnés aux articles L. 1332-1 et L. 1332-2, les agents de l’autorité nationale de sécurité des systèmes d’information, habilités par le Premier ministre et assermentés dans des conditions fixées par décret en Conseil d’État, peuvent obtenir des opérateurs de communications électroniques, en application du III de l’article L. 34-1 du code des postes et des communications électroniques, l’identité, l’adresse postale et l’adresse électronique d’utilisateurs ou de détenteurs de systèmes d’information vulnérables, menacés ou attaqués. »

Enfin, cette loi permettrait de blanchir des écoutes illégales pendant 9 jours, comme le soulignait numérama. afin d’obtenir:

  • « l’identification des numéros d’abonnement ou de connexion à des services de communications électroniques » (numéro de téléphone, adresse IP…) ;

  • « le recensement de l’ensemble des numéros d’abonnement ou de connexion d’une personne désignée«  (historique des adresses IP utilisées par un abonné, différentes lignes téléphoniques d’un même abonné…) ;

  • « la localisation des équipements terminaux utilisés » (géolocalisation des smartphones) ;

  • « les communications d’un abonné portant sur la liste des numéros appelés et appelant, la durée et la date des communications« .

Un bien joli programme…

Et moi dans tout ça?

95963-rsf-france-sous-surveillance-internetPour répondre à l’argumentaire de ceux qui n’ont rien à se reprocher, car peu se sentent effectivement concernés par ces récits si grandiloquents qu’on croirait à un scénario de films d’espionnage, je préciserai qu’au Royaume-Uni, le blocage des sites pédopornographiques à été récemment élargi à celui des sites extrémistes.
Ici comme ailleurs, agiter les épouvantails du terrorisme, de la pédophilie, du viol, de la haine raciale et autres mœurs évidemment indéfendables, permet d’ouvrir certains sésames, lesquels ne se refermeront malheureusement que lorsqu’ils pourront concerner toute la population. Tel est le prix de l’apaisement de la paranoïa et de la volonté de contrôle des personnes qui ont le pouvoir.
L’exemple de l’élargissement concerné par le fichage ADN est un excellent exemple de cette technique d’intégration de la légitimité de la surveillance, du fichage, de la censure, et du contrôle des populations dans les mentalités.

Reporter a par ailleurs placé la France parmi les pays sous surveillance dans sa cartographie des pays ennemies d’Internet. Encore un signe?

Quoi qu’il en soit, non, la France n’est pas le pays des droits de l’Homme qu’elle prétend incarner face aux États-Unis, et nous gagnerions tous à nous saisir de cette thématique de la surveillance des États, laquelle pose en permanence la question de la nature de nos démocraties, et du sens que l’on voudra bien donner à ce système politique.

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La Russie veut interdire le réseau Tor https://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/2013/08/19/la-russie-veut-interdire-le-reseau-tor/ https://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/2013/08/19/la-russie-veut-interdire-le-reseau-tor/#respond Mon, 19 Aug 2013 19:58:27 +0000 http://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/?p=4235 L'article La Russie veut interdire le réseau Tor a été publié sur Révolte Numérique

Ça cause pas mal de surveillance ces temps-ci. Merci la NSA! Entre une séance de bronzette et deux margaritas, une fois n’est pas coutume, toute la fine fleur du journalisme international s’y est mise. Soit dit en passant, nous avons été particulièrement brillants en France dans notre rôle de composition … Lire la suite

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L'article La Russie veut interdire le réseau Tor a été publié sur Révolte Numérique

Contenu approuvé par l'ours pédophile

Contenu approuvé par l’ours pédophile

Ça cause pas mal de surveillance ces temps-ci. Merci la NSA! Entre une séance de bronzette et deux margaritas, une fois n’est pas coutume, toute la fine fleur du journalisme international s’y est mise. Soit dit en passant, nous avons été particulièrement brillants en France dans notre rôle de composition démontrant une fois encore le savoir-faire français en matière de cinéma: « Oh les méchants américains qui surveillent tout le monde! Et même des français dis-donc (pourtant dignes habitant-e-s de la Pââtrie des Droits de l’Homme qui elle ne mange pas de ce pain là, pas même avec des dictateurs libyens réprimant les révoltes populaires)! M’enfin! »

Mais il y a un moment où il faut quand même arrêter les conneries, et revenir aux fondamentaux: l’#InternetQuifaitPeur avec ses réseaux musulmans pédophiles tueurs de pandas. Et sans grande surprise, la Russie ouvre le bal.

Certains pédophiles porteraient des perruques…

Vous l’ignoriez sans doute, la moumoute, sous ses allures de gadget destiné aux marchés de niches des chauves et des sosies de stars des années 60-70, se révèle en réalité être un redoutable outil de camouflage pour pédophiles. C’est un peu le raisonnement fallacieux de l’ex KGB renommé FSB pour faire moins poussiéreux, lorsqu’il s’attaque au projet Tor pour contrer les réseaux pédophiles. Nous ne le répéterons jamais assez, la pédophilie est une mauvaise herbe dont internet est le terreau.
Mais ne vous égosillez  pas trop tôt dans une tirade contre ces ex-sovético-terroristo-mangeurs-d’enfants, et considérons plutôt que la Russie fait parte de ceux qui n’ont que faire des qu’en dira-t-on. La police japonnaise avait d’ailleurs elle aussi conseillé aux FAI de bloquer Tor il y a quelques mois; et la Suède (quoi?? cet exemple de sociale-démocratie pour nous tous??), s’y met à son tour: selon un certain Wecksell de la Section de la cybercriminalité de Suède [source]:

« Nous devons avoir une loi qui nous permette d’avoir accès aux services cryptés. Nous devons obtenir une clé pour accéder aux crimes les plus graves »

Vous comprenez aisément la logique à présent: l’anonymat doit être encadré sous peine de favoriser la pédophilie et la criminalité en général (j’ajouterais personnellement une épidémie de choléra mais ça n’est que mon avis de néophyte).

Il ne faut donc pas réfléchir trop loin pour comprendre qu’un anonymat encadré n’en est plus un. Et il faudrait être relativement naïf pour penser qu’un État pourrait faire quoi que ce soit d’acceptable dans ce domaine. L’affaire Snowden ne vous a pas encore vacciné? Peut-être que quelques lectures sur le comportement des services français pourrait être utiles..?

La surveillance transparence comme outil démocratique

C’est le nouveau credo des défenseurs des démocrates de tous poils: la transparence. Ça fait bien à la télé, on ouvre quelques archives nationales et c’est parti. Mais dans ce bel élan révélant à tous que les États sont trop sympas avec leurs sujets, on perçoit par moment la nécessité d’un retour d’appareil de notre part. Comme si vouloir cacher sa vie privée était devenu anormal, suspicieux. « N’a pas de compte Fécebook? C’est louche tout ça… Et ça chiffre son trafic internet en plus? Mettez-moi une équipe sur ce gugusse! »

Et quand on parle du réseau Tor, alors là, attention, ça va faire des étincelles! Pourtant utilisé par de nombreux journalistes, notamment ceux travaillant avec des dissidents de dictatures, des entreprises, des militants, des services étatiques etc., il souffre toujours d’une réputation de repère de pédophiles. En effet, lorsqu’on permet l’anonymat, on ne sait plus qui fait quoi. De plus, le réseau permet le développement d’un dark net, réseau parallèle permettant l’hébergement de données uniquement accessibles en étant connecté à Tor. Forcément, on y retrouve de la merde, notamment pédophile. Mais cela justifie t-il de condamner le réseau tout entier?

Enfoncer les portes ouvertes

Penser qu’on fera quoi que ce soit contre la pédophilie en surveillant, interdisant ou contrôlant Tor, c’est un peu penser qu’il est possible de regarder un épisode de Derrick en entier, et sans s’endormir… hum!
Si on y regarde de plus près, les réseaux pédophiles ont de toute façon toujours été à la pointe en matière de protection de l’anonymat et de dissimulation de données. Foutre en l’air Tor ne ferait que leur en toucher une sans faire bouger l’autre comme aurait dit un illustre homme d’État.

De plus, de nombreuses études montrent que la majorité des agressions sont effectuées dans le cercle familial large (56%). De ce fait, raconter que c’est Internet, Tor ou je ne sais quelle épine dans le pied des adorateurs de la surveillance panoptique, c’est donc prendre les gens pour des cons, et surtout ne rien changer au problème de fond qui me paraît davantage relever du culturel.
La question est sans doute complexe, mais difficilement détachable du caractère patriarcal de nos cultures, de la glorification de l’hyper-sexualisation des filles à peine pubères, du tabou de la sexualité lorsque ce n’est pas un produit d’appel, de l’omerta sur les violences domestiques etc.

Un cheval de Troie bien connu

En attendant, l’argument continue de faire mouche, comme cela a été le cas pour l’introduction en 1998 des prélèvement ADN en France pour les auteurs de crimes sexuels (merci M. Jospin). Il a par la suite été élargi aux attaques aux biens par le même gouvernement puis les suivants. Cela a sans nul doute permis à un M. Estrosi de sortir un peu plus tard:

« Les citoyens seraient mieux protégés si leurs données ADN étaient recueillies dès leur naissance. »
Le Monde, 16/01/2007

Actuellement, le prélèvement ADN est possible pour les délits de vol ou encore un tag sur un mur…

Alors? On tente le coup?

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Documentaire: Une contre histoire de l’Internet https://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/2013/05/19/documentaire-une-contre-histoire-de-linternet/ https://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/2013/05/19/documentaire-une-contre-histoire-de-linternet/#comments Sun, 19 May 2013 13:24:42 +0000 http://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/?p=4217 L'article Documentaire: Une contre histoire de l’Internet a été publié sur Révolte Numérique

Au cas où certains n’auraient pas encore eu l’occasion de le visionner sur Arte, voici l’excellent documentaire Une contre histoire de l’Internet. Sylvain Bergère et Jean-Marc Manach y proposent proposent un tour d’horizon de l’internet d’en bas, celui que nous participons tous à façonner. Ici, point de baratinage sur la … Lire la suite

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L'article Documentaire: Une contre histoire de l’Internet a été publié sur Révolte Numérique

world_net

Au cas où certains n’auraient pas encore eu l’occasion de le visionner sur Arte, voici l’excellent documentaire Une contre histoire de l’Internet. Sylvain Bergère et Jean-Marc Manach y proposent proposent un tour d’horizon de l’internet d’en bas, celui que nous participons tous à façonner. Ici, point de baratinage sur la mystique de Steve Jobs ou l’universalisme des patrons de Google. On parle pionniers du net, logiciel libre, hackers etc.

L’Histoire et les grands enjeux du réseau sont exposés intelligemment et avec un discours clairement militant: il faut préserver l’internet libre tel qu’il était à ses débuts. Comprendre cette nécessité passe donc par un exposé critique des discours matraqués et trop convenus au sujet su réseau mondial: la menace « pédo-nazi », la place de la propriété intellectuelle, le contrôle et la censure du réseau…

Ce documentaire est donc un excellent outil de « remise à niveau » pour tous ceux qui auraient suivi d’une oreille distraite (voire bouchée), les grands débats sur la liberté du réseau.

À consommer sans modération!


Note: voir aussi le site participatif associé lancé par Arte: http://lesinternets.arte.tv/

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Un brevet Google pour surveiller et prévenir les infractions https://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/2013/05/08/un-brevet-google-pour-surveiller-et-prevenir-les-infractions/ https://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/2013/05/08/un-brevet-google-pour-surveiller-et-prevenir-les-infractions/#comments Wed, 08 May 2013 14:07:48 +0000 http://www.revoltenumerique.herbesfolles.org/?p=4201 L'article Un brevet Google pour surveiller et prévenir les infractions a été publié sur Révolte Numérique

On va dire que je fais une fixation sur Google (et ce n’est pas faux non plus), mais il y a des moments où on se demande jusqu’où ils vont bien pouvoir repousser les limites de cette espèce de démocratie totalitaire en construction. Avons-nous encore notre mot à dire? Le … Lire la suite

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L'article Un brevet Google pour surveiller et prévenir les infractions a été publié sur Révolte Numérique

minority_report

On va dire que je fais une fixation sur Google (et ce n’est pas faux non plus), mais il y a des moments où on se demande jusqu’où ils vont bien pouvoir repousser les limites de cette espèce de démocratie totalitaire en construction.

Avons-nous encore notre mot à dire?

Le terme totalitaire est fort c’est vrai. Exagéré, je ne sais pas. Mais demandez-vous par exemple quels étaient les moyens employés dans l’ancienne RDA soviétique tant décriée (avec raison) pour ses penchants liberticides. Si la répression est bien entendu incomparable dans nos pays occidentaux, les outils de surveillance sont aujourd’hui bien plus nombreux et précis qu’ils ne pouvaient l’être à l’époque. Autre différence: les états ne sont plus les seuls sur le marché, les entreprises privées s’y donnent aujourd’hui aussi à cœur joie.

Je ne souhaite pas verser dans l’alarmisme en criant au fascisme à tout bout de champ car nous n’en sommes heureusement pas là. Mais il me semble que la thématique de la surveillance est à prendre avec le plus grand sérieux, et que ses développements actuels sont de nature à poser la question du choix de la forme de démocratie de nos sociétés.

Faut-il enseigner l’entreprenariat l’autocensure de la 6e à la terminale?

Jean a de longues moustaches

« Jean a de longues moustaches »

Le 2 mai, Google a donc déposé un brevet permettant de lire les conversations électroniques, et de prévenir automatiquement l’utilisateur si ses propos contreviennent à telle ou telle règle (la loi, un règlement intérieur etc.).
Dans l’entreprise, vous pourriez être prévenus que vos positions sont contraires aux intérêts de la boîte, que manifestement vous tournez un peu syndicaliste et qu’il va falloir se calmer rapidos…
En société, je ne prendrais même pas la peine d’argumenter, je vous renvoie vers les nombreuses affaires d’écoutes de journalistes de Médiapart, du Monde et autres, vers l’affaire Tarnac… N’oublions pas non plus les projets délirants mis en place ou envisagés au non de la propriété intellectuelle, de la lutte contre le terrorisme (INDECT, SOPA, CISPA, Hadopi, ACTA…) etc.

Vie privée, présomption d’innocence… C’est has been tout ça

Mais le problème ne s’arrête pas là. En plus de prévenir l’utilisateur qu’il est en train d’enfreindre telle ou telle règle, le système pourra prévenir directement l’autorité de référence (le patron, pourquoi pas la justice ou les RG dans un futur sombre), et cela avant même que le mail ne soit envoyé, et donc avant même que la potentielle infraction ne soit commise. Ça ne vous rappelle pas un certain film d’anticipation adapté d’un roman de Philip K. Dick ça? Pour les plus sceptiques, rappelons que de telles expériences sont déjà tentées par la police, notamment aux États-Unis, pour la prédiction de crimes.

Comment sera utilisé ce brevet? Le programme sera t-il implanté dans les smartphones? Qui s’en saisira? Ces technologies seront-elle vendues à des dictatures comme cela a été fait avec l’affaire Amesys? Beaucoup d’interrogations se présentent à la lecture de cette nouvelle, et il devient urgent qu’un débat publique soit engagé sur la direction que nous donnons à la recherche technologique.

Cela constitue désormais une question de projet de société.

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